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Ammar Hadj Messaoud, Ing.; M.SC.

Sans vision les gens périssent

Partant de deux postulats : 1) la réalité est multidimensionnelle ; et 2) le vécu conditionne le comportement ; alors je me pose cette question : « Comment des gens – quelque soit leurs niveaux de responsabilité – qui ont toujours vécu et travaillé dans un système de gouvernance où l’improvisation est appelée planification peuvent-ils faire de la planification stratégique ? ». Le savoir jouer, la pratique, exige un préalable qui est la maîtrise des règles du jeu autrement dit la maîtrise de la théorie, la connaissance. Si on ne maîtrise pas les règles du jeu, la pratique n’est que du bricolage qui conduit à la médiocrité. De plus une approche holistique, ou pensée systémique, c’est-à-dire l’intégration des aspects humains, organisationnels et techniques est aussi un préalable de croyance avec laquelle on doit mener toute réflexion sur quoi que ce soit.

Le management d’une organisation, qu’elle soit grande ou petite, ou une sous-unité d’une entité plus grande, a l’une des principales responsabilités de celle-ci de définir l’orientation de l’organisation pour l’avenir. L’avenir, aux fins de la planification stratégique, est généralement de trois à cinq ans, mais il peut être beaucoup plus court ou beaucoup plus long, selon les circonstances. Ainsi, des gens qui n’ont jamais mené ce type d’exercice dans toute leur vie, à très petite échelle, comment peuvent-ils le mener avec efficacité dans les circonstances actuelles de la gouvernance algérienne ?

Le moyen le plus efficace de définir l’orientation future consiste à élaborer une vision commune de ce que sera la gouvernance algérienne à l’avenir, à l’opposer à la situation actuelle, puis à créer un plan pour combler le fossé, ou le plan stratégique. Sans plan stratégique, les efforts des individus et de la société civile et de l’ANP risquent davantage d’être « en dehors des revendications du peuple algérien, du Hirak » et donc d’avoir peu ou pas d’impact global sur la réalisation des objectifs à long terme de cette révolution tranquille. C’est l’une des raisons pour lesquelles les efforts des réformes et de mise-à-niveau des institutions et entreprises algériennes ont quasiment échoué : elles manquaient d’orientation stratégique.

Il est nécessaire de centrer et d’aligner le système de gouvernance algérien pour déplacer les grands obstacles (rochers qui bloquent l’autoroute de la prospérité du pays et du peuple) ou opportunités. Ces grands « rochers » devraient être les objectifs sur lesquels le Hirak doit dialoguer avec l’autre partie. Si l’on essaie de déplacer plusieurs obstacles en même temps, il y a de fortes chances que beaucoup d’énergie soit dépensée et que les blocs bougent peu, voire pas du tout. L’attention et l’alignement de tous les membres qui insistent un à la fois sont nécessaires. En outre, les efforts locaux d’amélioration continue peuvent permettre de surmonter les obstacles plus modestes et ne nécessitent pas la focalisation de toutes les institutions de l’état. Ce qui est important, cependant, est que ces efforts soient alignés sur un Plan stratégique, c’est-à-dire qu’ils se limitent à «l’autoroute de la prospérité».

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