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Ammar Hadj Messaoud, Ing.; M.SC.

Les prémisses de l’échec recommencé

Sénèque avait dit à son disciple Lucilius : « Lucilius, lorsque tu as désappris à espérer je t’apprendrai à vouloir. »

La revendication du changement dans la gouvernance algérienne ne vient pas d’en haut mais il provient d’en bas, du peuple algérien. Lorsque le changement vient d’en haut on appelle cela une amélioration, mais lorsque la revendication du changement vient d’en bas on appelle cela une révolution. Dieu merci cette révolution est pour le moment une révolution tranquille.

Au fait, les gens concernés par cette revendication du changement sont bel et bien les tenants du pouvoir et le changement, même positif, est difficile à faire accepter par les gens concernés s’il n’est pas présenté correctement. Il faut comprendre que dans ce type de problématique les points de vue du changement peuvent être envisagés à travers deux perspectives. La perspective relative aux tenants du pouvoir et la perspective relative au peuple algérien. Le problème dans ce type de situation est que ni les tenants du pouvoir non plus le peuple algérien ne sont bien informés au sujet de comment diriger le changement.

Il faut aussi comprendre que la gestion du changement n’est pas quelque chose qu’on fait après le fait. Elle doit commencer au début et en intégrer toutes les facettes, et deux perspectives de gestion du changement doivent être adressées.  Cela veut dire que ces perspectives face au changement doivent référer à la perspective relative à la gestion du changement organisationnel et à la perspective relative à la gestion du changement individuel. Aussi, il est important de savoir que la connaissance et les compétences pour diriger le changement exigé dérivent des perspectives face au changement, on a besoin de construire les connaissances et des aptitudes pour les tenants du pouvoir et pour le peuple algérien.

Dire qu’il ne peut y avoir de gestion de transition, ou si elle doit y être lui allouer une trame temporelle à priori sans connaître les différentes actions à entreprendre, est de l’ordre du suicide. En effet, pour traiter la perspective relative au changement organisationnel on a besoin de construire les connaissances et des aptitudes dans les domaines suivants :

  • les structures de l’équipe de gestion du changement ;
  • les rôles en gestion du changement ;
  • les obstacles critiques pour rendre le changement effectif ;
  • les stratégies et le planning de gestion du changement ;
  • la gestion des résistances qu’elles soient du côté des tenants du pouvoir ou des citoyens ;
  • les méthodologies de la gestion du changement organisationnel ;
  • la construction du parrainage exécutif ;
  • la création de plans de communication ;
  • la création de programmes de formation, d’entraînement et de rééducation ; et
  • des programmes de motivation et de reconnaissance.

Pour gérer le changement revendiqué par cette révolution, avant tout changement, les gens avisés devraient se poser les deux questions : 1) Quelle devrait être la stratégie pour atteindre un avantage substantiel pour le pays et le peuple algérien dans la gouvernance ? Et 2) Lorsque cette stratégie est choisie, comment la mettre en oeuvre?

Il a été démontré que lorsque des changements sont réussis dans leurs mises en œuvre sept éléments sont toujours présents (les ingrédients), quatre rôles sont assumés (les outils) et six étapes sont exécutées (la marche à suive). Or, lorsque j’analyse tout ce qui se fait est tout ce qui se dit par tous les intervenants dans la gestion de la problématique algérienne je remarque que les ingrédients ne sont pas tous présents, les rôles, les outils, ne sont pas assumés et pas du tout de marche à suivre, les six étapes. Comment diable peut-on réussir à résoudre une problématique lorsque la seule expertise des gens depuis l’avènement de l’indépendance, ou avant, est bâtie sur la destruction de la performance, en toute bonne foi. Les tenants du pouvoir savent ce qu’ils veulent, le peuple algérien sait ce qu’il ne veut pas mais ce sait pas ce qu’il veut. Résoudre la problématique algérienne demande un leadership transformationnel, de l’initiative, de la patience, du respect, de la persistance, du courage et de la foi. Y’en-a-t-il à bord ?

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