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Ammar Hadj Messaoud, Ing.; M.SC.

CCPM : la voie de la TOC en management des projets

Pendant de nombreuses années, l’approche systémique visant à améliorer les systèmes a traité trois problématiques majeures : le problème, la solution et la mise en œuvre de la solution.

La théorie des contraintes (TOC) a approfondi cette approche en vue de fournir en permanence les outils de management et d’analyse permettant de gérer le processus d’amélioration. Ces outils garantissent un impact élevé avec un niveau d’effort minimal et procurent un retour sur investissement (ROI) significatif. La TOC constitue également quatre étapes de convergence explicites fournissant un moteur d’amélioration continue pour garantir que les systèmes ne reposent jamais sur leurs lauriers, mais continuent de croître et d’atteindre des performances de plus en plus élevées par rapport à leurs buts.

Le management de projet avec la chaîne critique (CCPM : Critical Chain Projet Management) est la solution de la TOC pour une meilleure gestion des projets. C’est une approche basée sur la connaissance.

La TOC a commencé il y a des années avec l’amélioration de la production. Il était donc naturel que les connaissances acquises et l’expérience accumulée suscitent le désir d’améliorer le management de projet. Tout comme pour la production, la gestion de projet nécessite une bonne planification et un moyen efficace de gérer l’exécution du plan. La réalité en cours de l’exécution diffère du plan en raison des fluctuations statistiques. Le niveau d’incertitude est nettement plus élevé dans les projets, car bon nombre des activités planifiées vont de l’avant avec peu d’expérience préalable (voire aucune).

La solution traditionnelle pour la production, le DBR (Brum-Buffer-Rope) pour la planification et la gestion de tampon peut être utilisée comme base pour la gestion systémique de projets. On a juste besoin d’amender et de modifier la solution pour tenir compte de la grande incertitude quant à la durée attendue de la tâche, ainsi que du pourcentage élevé de «temps de réponse», c’est-à-dire le temps réel nécessaire pour que les tâches soient exécutées par les ressources relativement au délai d’exécution global du projet.

La manière actuelle de gérer les projets est dominée par la méthode du chemin critique (CPM : Critical Path Method) utilisé par la méthode PERT, inventé il y a plus de 60 ans. Le problème avec la méthode PERT est qu’elle ne fournit pas les résultats escomptés. Les chefs de projet du monde entier ont du mal à livrer dans les délais, le budget et les produits livrables convenus. Alors, qu’est-ce qu’on manque ?

L’analyse de la réalité de la gestion de projet révèle que dans la majorité des projets comportant des engagements en termes de temps, d’argent et de spécifications, dépasser le budget est l’échec le plus désagréable et le plus douloureux. Alors que le projet peine à être achevé, de plus en plus de fonctionnalités sont demandées. Cela crée une énorme pression sur les dirigeants et les actionnaires. En retour, une pression plus forte est exercée sur les épaules des chefs de projet par le biais du contrôle financier.

Un contrôle financier plus étroit s’est avéré donner de meilleurs résultats dans certains cas. Néanmoins, la plupart des projets ne répondent pas aux trois exigences : délai, budget et spécifications. Le contrôle financier oblige les responsables de projet à se concentrer sur chaque activité et à tenter de la mener à bien dans les délais et le budget prévus. Étant donné qu’un projet peut avoir plusieurs tâches exécutées en même temps, les responsables se retrouvent incapables de contrôler toutes les tâches en cours. La TOC suggère une autre manière. Plutôt que d’essayer de terminer chaque tâche à temps, la TOC se concentre sur la réalisation à temps de l’ensemble du projet.

La gestion de projet avec la chaîne critique, CCPM, est le nom donné à la solution TOC. Le nom a été choisi pour indiquer la différence par rapport à la méthode conventionnelle du chemin critique (CPM). Le CCPM se concentre sur l’achèvement de l’ensemble du projet à temps. C’est une méthode holistique, car elle considère le projet dans son ensemble et non chaque tâche de manière isolée. C’est logique, car on peut fournir la base conceptuelle de la solution en utilisant les processus de réflexion de TOC, c’est-à-dire le TOC Process Thinking. C’est une approche gagnant-gagnant, car elle prend en compte et répond aux besoins importants des principales parties prenantes.

Le passage de la gestion de projets via leurs sections locales (les tâches) à l’ensemble (le projet dans son ensemble) exige un changement de mentalité des chefs de projet. Ils doivent s’engager à livrer le projet à la date prévue. Par conséquent, lorsque l’on conçoit la solution avec le CCPM, on doit prendre en compte trois aspects : 1) État d’esprit ; 2) la planification ; et 3) le contrôle de l’exécution. Ces aspects constituent la structure de base de la solution stratégique du CCPM : livrer le projet dans les délais, en totalité et dans les limites du budget. En ce qui concerne les tactiques, c’est-à-dire ce qu’il faut faire pour réaliser la stratégie, il suffit de mettre en œuvre neufs éléments (injections) du CCPM, constitués en trois groupes, pour la planification et le contrôle de l’exécution.

SCIQUOM et IDEEFORCE peuvent vous aider à implémenter le CCPM dans la gestion de vos projets. Il suffit de le vouloir pour y arriver ! C’est d’une simplicité inimaginable, vous passerez de la position de gérer les projets durement à la position de gérer les projets intelligemment.

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