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Ammar Hadj Messaoud, Ing.; M.SC.

Le leadership du point de basculement

Je vous expose mon avis que la manière de préconiser le changement par le Président Tebboune ne peut être que l’échec recommencé. Préconiser que le point de départ est le changement de la constitution est un faut point de départ qui conduira à la frustration et au désenchantement. Faire croire qu’en changeant la constitution en assurera le renouveau de la gouvernance algérienne est fallacieux. Le problème de l’Algérie n’est pas la constitution, le problème est la nature des gens qui gouvernent, le leadership.

En effet, la théorie conventionnelle du changement organisationnel repose sur la transformation de la masse. Les efforts de changement sont donc axés sur le déplacement de la masse, nécessitant des ressources importantes et de longs délais, c’est un luxe que peu de dirigeants peuvent atteindre. Le leadership au point de basculement, en revanche, suit un cours inverse. Pour changer la masse, il se concentre sur la transformation des extrêmes, c’est-à-dire les personnes, les actes et les activités qui exercent une influence disproportionnée sur la performance d’une bonne gouvernance. En transformant les extrêmes, les leaders des points de basculement sont capables de changer le noyau d’un système de gouvernance rapidement et à faible coût pour exécuter leur nouvelle stratégie.

Assurer le renouveau de la gouvernance algérienne pour le meilleur et de manière irréversible est un grand défi. Les obstacles à ce défi sont dans le cœur même des gens qui gouvernent. Nous avons l’obstacle cognitif où les gouvernants sont attachés au  statu-quo ; l’obstacle politique à travers l’opposition de puissants intérêts acquis ; l’obstacle des ressources qui sont limités ; et l’obstacle motivationnel à travers le manque de désir à agir rapidement et avec ténacité pour rompre avec le statu-quo.

Pour surmonter ces obstacles, il est nécessaire d’abandonner la sagesse perçue qui affecte le changement. La sagesse conventionnelle affirme que plus le changement est important, plus les ressources et le temps dont on aura besoin pour obtenir des résultats sont importants. Au lieu de cela, on doit renverser la sagesse conventionnelle en utilisant ce que l’on peut appeler le leadership du point de basculement.

Aussi, ce qui renforce mon point de vue est le processus suivi par le Président Tebboune. Le processus qu’il est entrain de suivre n’est pas du tout équitable. Un processus équitable intègre l’exécution dans la stratégie en créant l’adhésion des gens dès le départ. Lorsqu’un processus équitable est exercé dans la phase de formulation de la stratégie, les gens ont confiance qu’il existe un terrain de jeu égal, inspirant une coopération volontaire pendant la phase d’exécution. Trois éléments se renforçant mutuellement définissent un processus équitable : l’engagement, l’explication et la clarté des attentes. Que les gens soient des cadres supérieurs ou de simples citoyens, ils se tournent tous vers ces éléments. Il convient de noter que tout sous-ensemble des trois est insuffisant. Les trois critères conduisent collectivement à des jugements de procédure équitable.

L’engagement signifie impliquer les algériens dans les décisions stratégiques qui les affectent en leur demandant leur avis et en leur permettant de réfuter le bien-fondé des idées et des hypothèses des autres. L’engagement communique le respect des gouvernants envers les algériens et leurs idées. Il en résulte de meilleures décisions stratégiques de la part des gouvernants et un engagement accru de toutes les personnes impliquées dans l’exécution.

Explication signifie que toutes les personnes impliquées et les personnes concernées devraient comprendre pourquoi les décisions stratégiques finales sont prises telles quelles. Une explication de la pensée qui sous-tend les décisions donne aux gens la certitude que les dirigeants ont pris en compte leurs opinions et ont pris des décisions de manière impartiale dans l’intérêt général du pays. Une explication permet aux citoyens de faire confiance aux intentions des dirigeants même si leurs propres idées ont été rejetées. L’explication sert également de boucle de rétroaction puissante qui améliore l’apprentissage.

La clarté des attentes exige qu’après la définition d’une stratégie, les dirigeants énoncent clairement les nouvelles règles du jeu. Bien que les attentes puissent être exigeantes, les citoyens connaissent à l’avance les normes selon lesquelles leur travail et comportement seront jugés et les sanctions en cas de non respect de ces normes. Lorsque les gens comprennent clairement les attentes, les manigances politiques et le favoritisme sont minimisés et les gens peuvent se concentrer sur l’exécution rapide de la stratégie.

Une réponse à Le leadership du point de basculement

  • Boussad Ouadi dit :

    Pertinente conclusion. Dans ma jeunesse nous appelions cela le travail de conscientisation. Toute théorie qui va dans ce sens ne peut que faire faire un bond en avant considérable pour que notre pays sorte du moyen-âge. Mer i pour vos contributions.

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