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Ammar Hadj Messaoud, Ing.; M.SC.

Philosophie de Management et Amélioration Continue : La Raison et la Foi

Dans l’une de mes contributions,  intitulée « changement de culture ou culture du changement : la gestion est culturelle »publiée par le journal  Liberté-Économie du 24 au 30 mars 2004, j’ai affirmé ceci : « nous gérons nos organisations comme nous gérons notre spiritualité ». Dans ce cas, je réfère à la loi du comportement organisationnelle qui dicte que les croyances conditionnent notre attitude et cette dernière génère nos comportements qui sont alignés à nos croyances.  Sur la base de cette loi, par analogie on peut transposer cela à la raison et la foi. La raison, qui est la rationalité et la réalité, représente les croyances, et c’est la croyance qui dicte les contenus qu’on doit mettre dans la foi. De même dans le management des organisations ce sont les philosophies de management (croyances) qui nourrissent les contenus de l’amélioration continue (la foi) qui engendre les comportements et les décisions alignées sur les croyances.

Il faut savoir que la croyance (philosophie  de management) est une construction sociale progressive au cours de l’histoire. Par exemple, les croyances industrielles et institutionnelles sont passées par un processus de construction partant de la révolution industrielle 1.0 (1750), la révolution industrielle 2.0 (1900, le taylorisme), la révolution industrielle 3.0 (2000, l’agilité) et on est en plein révolution industrielle 4.0 (l’entreprise digitale). Étant donné que la croyance est une construction sociale progressive au cours de l’histoire,  la réalité de l’entreprise ne peut être construite par la grâce de Dieu, par la volonté divine ou par la philosophie management réductionniste (taylorienne). Cela peut heurter le dogme qui dit que Dieu donne la foi à qui il veut et ne la donne pas à qui il veut.

Étant donné qu’on ne peut dissocier le management des organisations du management de notre spiritualité, alors on peut se poser cette question ? Comment la foi se construit, et quels contenus met-on dans la foi? La construction de la foi est un processus.

Comme les contenus du processus d’amélioration continue relatif à la révolution industrielle 2.0 (PDCA) n’est pas le même que les contenus de l’amélioration continu de la révolution 3.0 (POOGI), on peut aussi dire que la foi islamique au temps de Mohammed (QSSL) n’a pas du tout le même contenu et les mêmes fonctions que la foi des musulmans au 10ème siècle à Baghdad, Courdou, Ispahan..). Car, c’est la doctrine et le savoir qui évoluent. Ce sont les acteurs sociaux, c’est-à-dire les doctrinaires, qui définissent la foi.  Et ces doctrinaires ne ce sont pas nécessairement des croyants. Si on s’agrippe seulement aux croyants on peut écouter une version qui ne respecte pas la formation progressive de la foi et des changements des contenus de la foi que subit toute foi et dans toutes les religions ou dans toutes les philosophies de management.

Il faut considérer le sens de ce que nous prononçons au nom de la foi (amélioration continue) par rapport à sa genèse au cours de l’histoire. La foi est une construction qui change à travers l’histoire. Nier cela est se mentir à soi même. Par exemple, la raison a quitté la foi islamique depuis longtemps. Alors que l’islam qu’il y avait à Bassora, à Baghdad… était emprunt d’une effervescence intellectuelle dirigée sur la raison qui va interroger les contenus de la foi, en se posant la question : quels sont les contenus de la foi que je vais accepter dans la foi, et quels sont les contenus que je ne vais pas accepter dans la foi. Il faut admettre que c’est la raison qui fait la décision et non la foi. Car la foi est la « conscience affective ». Elle touche la partie affective de l’être humain et non pas sa partie raisonnable. Il ya donc un danger de séparation entre la raison et la fois en tout temps. Cela est aussi valable dans le management des organisations relativement aux révolutions industrielles.

Partant du hadith « rechercher la science jusqu’en Chine s’il le faut », nous pouvons comprendre cela comme la recherche scientifique est une obligation pour tout musulman. Le Hadith a nourrit l’âge d’or de la science et de la connaissance dans la civilisation islamique. Une civilisation de la raison qui a permit au monde musulman de contribuer durant plusieurs siècles au progrès de l’humanité dans la médecine, l’astronomie, les mathématiques, la philosophie, la sociologie, la théologie et la mystique…. Tous les domaines du savoir ont été abordé pas ses chercheurs (Avicenne (Ibn Sina), Avéroes (Ibn Rochd), et bien d’autres…..) qui ont dédié leurs vies à la connaissance.

Il faut savoir que les diverses rationalités sont produites par la raison dans une culture à travers les changements dans l’histoire. La raison n’est pas quelque chose qui fonctionne éternellement de la même façon. Ce n’est pas l’intellect du moyen âge qui communiquait avec le ciel. La raison a aussi les références que nous faisons à ce moment fructueux et dynamique, mais ces références ne servent à rien aujourd’hui. Car la raison médiévale est devenue obsolète intellectuellement même (comme la raison relative à l’industrie 2.0.) Et, par conséquent on a fait autre chose depuis le 16è Siècle. Parce que les conditions sociales d’accueils fait à la raison (à Baghdad, Courdou, Ispahan, Chiraz, Cordou…) , c’est-à-dire les grandes cités musulmanes du haut moyen âge du 7è au 12è Siècle, n’étaient plus là.

Les cadres sociaux, en ce temps là, pratiquaient ce que l’on peut appeler l’apprentissage humaniste (adab). Ils étaient favorable à la raison et soutenaient les courants rationalistes, et la société avait une dynamique orientée sur l’appuie de la raison concernant même l’étude et la signification de la religion. C’est chose là vont disparaître.

La disparition des cadres sociaux de la connaissance, c’est-à-dire les cadres sociaux qui font vivre la connaissance, fait en sorte que la foi musulmane est vidée, elle est vidée de tout contenu spirituellement respectable. En disant cela nous défendons la foi, nous ne la rejetons pas. Car la foi est constamment en quête d’intelligence. C’est une formulation qui vient du moyen âge, les européen ne l’on pas lâché jusqu’à ce jour.

Comme il faut réviser le fait du management taylorien sur la construction de la réalité de l’entreprise, c’est-à-dire la maximisation du ROI (retour sur investissement), ll faut réviser le fait religieux sur la construction sociale de la réalité, et non pas une réalité qui serait construite par la grâce de Dieu et par la volonté divine. Mais la volonté divine est toujours médiatisée par les acteurs sociaux, ça on ne peut y échapper. Les conditions à retenir est la recherche scientifique appliquée  au management et à la question religieuse. Cela va permettre de donner des outils pour sortir des connaissances fausses et des consciences fausses.

Comme il ya des connaissances fausses qui sont véhiculées par le taylorisme, il ya des connaissances fausse qui sont véhiculées par la religion et par la culture qui accompagne cette philosophie de management ou la religion. On doit montrer comment  ces connaissances fausses viennent s’insérer dans le processus de prise des décisions du management pour pervertir l’entreprise, pour la rendre non compétitive et pour lui donner un usage extrêmement dangereux,  et c’est de même pour la religion. Tant qu’on ne fait pas ce travail d’éducation,  tant que les dirigeants ne se transforment pas pour réapprendre autre choses pour forger d’autres croyances on ne fera que gigoter, une régression continue.

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