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Le répertoire d'idées permettant d'exploiter la pleine puissance de l'information et de la connaissance dans le management des opérations industrielles et institutionnelles


Ammar Hadj Messaoud, Ing.; M.SC.

Connaissance, Intelligence et Sens, le triptyque de tout développement durable

Parlons un peu de philosophie et de gouvernance, plus particulièrement du leadership. Conformément à la doctrine politique d’Aristote, lorsque plusieurs objets sont ordonnés à une certaine unité, l’un d’entre eux doit être le guide qui régit les autres. L’union du corps et de l’âme en est un exemple patent : l’âme commande et le corps obéit. De même, au sein des puissances de l’âme, l’irascible et le concupiscible sont naturellement gouvernés et ordonnés par la raison. Or tous les arts et toutes les sciences tendent vers un seul but : la perfection humaine, qui n’est autre que le bonheur. C’est pourquoi l’un d’entre eux doit nécessairement diriger les autres. Celui-ci revendique alors à juste titre le nom de sagesse car le propre du sage est de les ordonner. La prospérité (le bonheur) repose sur un triptyque dont les composantes sont interactions dynamiques : les humains, les gens et la nature. Une simple variation dans un des composants affecte les deux autres de manière heureuse ou malheureuse.

Pour étudier cette science du leadership, et délimiter son domaine, il faut d’abord observer attentivement la façon dont il convient de diriger. Aristote a écrit « les hommes à l’intelligence vigoureuse dominent et dirigent naturellement les autres, tandis que ceux qui ont la robustesse physique, mais des facultés intellectuelles limitées, doivent naturellement être gouvernés.» De la même façon, sera naturellement directrice la science la plus intellectuelle, c’est-à-dire celle qui se tourne vers les réalités les plus intelligibles. Aujourd’hui la science la plus intellectuelle en management des organisations pour bâtir toute stratégie est la Théorie des Contraintes(TOC). C’est le nouveau paradigme dans le management des opérations industrielles et institutionnelles.

Aussi, or on peut donner trois façons d’être plus intelligible :

  • En regardant la démarche de la connaissance. La source de la certitude intellectuelle parait en effet être ce qu’il y a de plus intelligible. Comme l’intelligence acquiert une certitude scientifique à partir des causes, la connaissance de ces dernières a donc le plus haut degré d’intellectualité. Aussi la science des causes premières est-elle le plus vraisemblablement celle qui dirige les autres. Or avec la TOC la contrainte du système est toujours la cause première de tout problème. Toute solution viable et durable ne peut se faire sans lever la contrainte du système.
  • En comparant l’intelligence aux sens. L’intelligence diffère des sens en ce que ceux-ci donnent une connaissance du singulier, tandis que celle-là embrasse les universels. La science la plus intellectuelle est donc celle qui se tourne vers les principes les plus universels, lesquels sont l’être et ce qui s’y attache, comme l’un et le multiple, la puissance et l’acte, etc. Les choses de ce genre ne doivent pas rester à jamais indéterminées, car on ne peut avoir sans elles une connaissance complète de ce qui est propre aux différents genres d’êtres et à leurs espèces. Elles ne doivent pas non plus faire l’objet d’une science supplémentaire, car elles sont nécessaires pour connaître chaque genre de réalité, de sorte que chaque science devrait les étudier au même titre. Reste par conséquent la solution d’en traiter dans une science commune, qui sera la plus intellectuelle et dirigera les autres. Ici, on peut parler de la synergie TOC-Lean-Six Sigma. Le flux se retrouve à l’intersection de ces trois philosophies de management. Le sens dans ce cas est que le retour sur investissement doit toujours être en progression continue. Ainsi donc, l’intelligence doit être assujettie au sens.
  • En s’arrêtant sur la connaissance même de l’intelligence. Comme la capacité de toute chose à être connue est fonction de son détachement de la matière, est le plus intelligible ce qui en est le plus libre. L’intelligible et l’intelligence sont adaptés l’un à l’autre, et de même genre, car ils deviennent un seul acte. Sont par ailleurs les plus détachées de la matière les réalités qui non seulement sont abstraites de leur conditionnement individuel, comme les formes naturelles considérées dans leur universalité, et dont traite la philosophie de la nature, mais même sont abstraites de tout aspect sensible de la matière. Et cette séparation n’est pas seulement le fait de la raison, comme pour les mathématiques, mais aussi de l’être. Aussi la connaissance de ces réalités est-elle la plus intellectuelle et la reine des sciences. Reconnaître la réalité est la première étape pour toute réflexion stratégique. Or on ne peut reconnaître la réalité que si l’on change de paradigme. Ici, ce n’est pas une question de qui le premier l’œuf ou la poule. Non la sagesse dicte que si l’on veut progresser à travers la résolution d’un problème, la première étape est de changer de paradigme (changement de perception). Cela ne peut se faire qu’à travers un processus d’apprentissage pour acquérir d’autres connaissances afin de remettre en cause la raison qui est temporelle.

 On ne peut accorder à des sciences différentes chacune de ces trois caractéristiques (connaissance, intelligence et sens), mais toutes vont à la même, car ce sont ces substances séparées dont on a parlé, qui sont les universels et les causes premières de l’existence. Il revient à une même science d’étudier un genre de réalités donné et les causes propres de ce genre. La philosophie de la nature, par exemple, étudie les principes des corps physiques. C’est donc une même science qui doit aborder l’être en général et les substances séparées, le premier étant le genre dont les secondes sont les causes universelles.

Si cette science étudie les trois points que l’on a soulevés, la notion générale d’être en est cependant le seul sujet, à l’exclusion de tout autre. Le sujet d’une science est en effet ce dont on cherche les causes et les attributs, et non ces causes elles-mêmes. La connaissance des causes d’un genre de réalités est plutôt la perfection à laquelle une science peut parvenir. Quoique le sujet de notre science soit le fait d’être en général, il vaut tout à fait pour ce qui est indépendant de la matière et pour exister et pour être compris, car sont ainsi non seulement les êtres qui ne peuvent en aucun cas exister de façon matérielle, mais aussi ceux qui peuvent parfois se passer de la matière, comme le fait d’être par exemple, ce qui ne saurait arriver si leur existence était liée à la matière.

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