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Ammar Hadj Messaoud, Ing.; M.SC.

Des méthodes BI, Big Data, Digitalisation et DDMRP (DDSCM), qui est la plus efficace pour le ROI?

Les longs délais, la faible disponibilité, les stocks élevés, les besoins importants en fonds de roulement et la longue période de retour sur investissement des initiatives d’amélioration des performances continuent de peser sur les gestionnaires de la chaîne d’approvisionnement dans tous les secteurs. Malgré les attentes, des développements intensifs des méthodes et des systèmes de prévision, la mise en œuvre de processus bureaucratiques S&OP et des investissements massifs dans les systèmes ERP, BI, Big Data et digitalisation, les entreprises continuent de s’en éloigner de manière inconsciente.

Les entreprises sont aux prises avec l’incapacité des systèmes de planification traditionnels à s’adapter aux changements rapides de l’environnement commercial. La planification traditionnelle a été développée pour l’environnement commercial du passé et on pense que c’est avec le BI et le Big Data et la digitalisation qu’on va résoudre les problèmes posés par les paradigmes d’un environnement commercial qui n’est plus. L’environnement volatil et complexe d’aujourd’hui exige de meilleures solutions pour gérer les articles achetés, fabriqués et distribués. L’environnement d’aujourd’hui se caractérise par une croissance exponentielle du nombre de produits, des réseaux complexes de distribution, de production et de fournisseurs à plusieurs niveaux, des cycles de vie des produits plus courts, des changements technologiques fréquents et des montées en puissance de nouveaux produits, de nombreuses campagnes, des pics saisonniers, des achats en ligne et une concurrence sans cesse croissante. Et, on pense que c’est avec le BI et le Big Data et la digitalisation qu’on va affronter cet environnement complexe et volatil en ayant une mentalité et des connaissances ancrées faites pour environnement qui n’existe plus. Grave erreur de discernement! Car on ne peut faire front aux taux de service inadéquats ou aux problèmes de stock de produits finis ou semi-finis, de rupture de composants ou de manque de matières premières avec des vielles connaissances et des vielles méthodes. Et, ce n’est pas avec le BI, le Big Data ou la digitalisation qu’on pourra gérer les diverses variabilités qui influent sur la performance du ROI ou du ROA (Retour sur les Actif) d’une entreprise.

Pour répondre à l’influence de ces diverses variabilités qui influencent un système d’entreprise (variabilité du management, variabilité des opérations, variabilités des outputs de l’entreprise, variabilité des fournisseurs et variabilité de la demande) de nombreux nouveaux outils informatiques apparaissent depuis quelques années, ERP, BI, Big Data et Digitalisation, avec toujours les mêmes objectifs et les mêmes ambitions : optimiser les flux, mieux appréhender les besoins du client,  tirer profit des nouvelles technologies, fluidifier la Supply Chain, apporter une visibilité sur l’ensemble de la chaîne. Ces outils informatiques cherchent à améliorer fortement la qualité des prévisions, qui sont à la base de l’organisation de l’ensemble des flux d’une majorité d’entreprise. Les principales évolutions liées à ces outils résident dans une adaptation des algorithmes utilisés – dans une pensée linéaire, réductionniste – à un environnement des affaires qui n’existe plus, et surtout dans une utilisation accrue des données de ventes. Malgré tous ses développements le ROI ne cesse de décroître.

L’approche « Demand Driven Material Requirement Planning », ou DDMRP est une solution innovante pour gérer la variabilité, qui intègre l’approche Lean (flux tirés, simplification notamment via le management visuel et une priorisation pertinente), ainsi que la Théorie des Contraintes (exploitation des goulots d’étranglement, planification des points de contrôle permettant d’optimiser la capacité et de réduire les délais) et Six Sigma (la réduction de la variabilité des processus opérationnels). Le DDMRP s’installe dans la Supply Chain, lorsque les délais sont longs, des produits finis et des nomenclatures complexes, en présence de contraintes capacitaire et pour finalement amortir le stress qui en découle.

Le DDMRP est adapté partout où les délais d’approvisionnement sont longs, lorsque la variabilité de la demande est forte, la complexité du portefeuille élevée, les nomenclatures de produits complexes, la Supply Chain trop contrainte pour pouvoir optimiser simplement l’utilisation des ressources. C’est une méthode complète de planification et d’exécution en cinq étapes séquentielles : positionnement correct des stocks tampons au sein de la Supply Chain, dimensionnement du stock pour absorber la variabilité de la demande des clients et des processus, ajustement dynamique des stock tampons pour tenir compte de l’évolution des profils de la demande, planification au quotidien des besoins de réapprovisionnement pilotée par la demande, exécution visible et collaborative des opérations une fois les commandes fermes des clients entrant dans le système. Si le DDMRP s’inscrit dans le Demand Driven Supply Chain Management (DDSCM), il excelle dans le positionnement, le dimensionnement des stocks tampons et l’exécution, mais ne couvre pas la captation et l’interprétation de signaux de la demande dans la Supply Chain étendue. Or, s’il n’est plus question de produire sur la base de prévisions (puisque DDMRP est basé sur une logique de flux tirés), des prévisions « minimalistes » (moyenne mobile sur un horizon à définir et prise en compte de profils de saisonnalité ou d’évolution) s’avèrent tout de même nécessaires pour dimensionner les stocks tampons, s’assurer de la faisabilité du S&OP en tenant compte des contraintes capacitaires et gérer le cycle de vie des produits. Et, c’est là que peut rentrer l’apport du Big Data et de la digitalisation pour soutenir le DDSCM.

Avec le DDSCM on utilise le Big Data pour gérer sa capacité à utiliser et gérer un nombre de données exponentiel. Et, cela est rendu possible grâce aux évolutions technologiques des outils informatiques qui ne permettent pas seulement la gestion d’une masse de données colossale mais surtout leur utilisation simplifiée et accélérée, la capacité à les organiser et les exploiter pour maintenir un ROI en progression continue. Le BI, Big data ou digitalisation doivent améliorer la réactivité de toute la supply chain tout en améliorant sa réactivité dans la gestion des stocks. Le DDMRP permet de définir les processus de l’entreprise de manière cohérente et optimisée sur l’ensemble de la chaîne. Cela consiste à mettre en place des stocks intermédiaires qui permettront d’absorber les fluctuations à court terme, apporter un pilotage visuel sur l’ensemble des flux (et collaboratif), mettre en évidence la criticité des événements pour permettre aux équipes de se focaliser sur les points à traiter en urgence. Cette méthode  apporte en effet des  améliorations notables, non pas en révolutionnant les pratiques mais en ayant la capacité de prendre les forces des méthodes actuelles et de les structurer ensemble, c’est-à-dire la synergie TOC-LEAN-SIX SIGMA.  Le DDMRP va contribuer à mettre en œuvre des stocks tampons (buffers) dimensionnés en fonction des besoins clients, une organisation de la production en fonction de ses contraintes et une gestion des priorités.

Le DDMRP est une méthode qui se veut novatrice. Ce qui est partiellement vrai  car elle utilise et agrège les nombreux outils éparpillés aujourd’hui au sein de chaque entreprise. Le Lean Management, la qualité des prévisions la taille du buffer, Six Sigma, le dimensionnement des stocks  tampons, la mise à jour des objectifs de stock (nous sommes finalement dans un système dynamique et non figé), la visualisation directe des flux (on constate l’influence des méthodes visuelles utilisant l’Obeya, entre autre). L’avantage principal de cette méthode réside dans sa capacité à imposer (d’un point de vue positif) aux entreprises de réfléchir en termes de processus sur l’ensemble de la chaîne logistique et à s’assurer de la cohérence.

Ces nouveaux concepts qui constituent une innovation forte des méthodes actuelles peuvent être consolidées grâce au Digital et au Big Data. Leurs apports sur la performance de la Supply Chain va être considérable mais nécessitera des processus internes parfaitement définis (le DDMRP implique une organisation end-to-end de l’ensemble des flux) et surtout maîtrisés par les équipes.  Le DDMRP est une nouvelle approche qui constitue une percée réelle et pratique dans la gestion de la chaîne d’approvisionnement. De plus en plus d’entreprises de différents secteurs et pays utilisent le DDMRP pour obtenir un avantage concurrentiel grâce à une réactivité supérieure à la clientèle. Les entreprises qui adoptent le DDMRP réalisent des améliorations impressionnantes et substantielles des niveaux de service (jusqu’à 100%), avec (jusqu’à 85%) des délais plus courts, des ventes plus élevées et tout en libérant un fonds de roulement grâce à des niveaux de stocks inférieurs (souvent plus de 50% de réduction des niveaux de stocks).

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