SCIQUOM   I  IDEEFORCE         

     

Le répertoire d'idées permettant d'exploiter la pleine puissance de l'information et de la connaissance dans le management des opérations industrielles et institutionnelles


Ammar Hadj Messaoud, Ing.; M.SC.

La perspective systémique de l’organisation

Le gestionnaire contemporain doit faire face à des problèmes dont la nature, la diversité, la rapidité d’apparition et les ramifications en font des situations complexes à traiter. Des solutions efficaces aux problèmes complexes impliquent souvent la participation active de tous les membres d’une organisation afin de réaliser une adaptation  à un changement. Or ce dynamisme organisationnel nécessite une certaine flexibilité des personnes, soutenue par un leadership inspiré, comme l’approche situationnelle  ou transformationnelle.

Certes les gestionnaires se voient offrir une panoplie d’outils, comme l’étalonnage (benchmarking), l’amélioration continue, la qualité totale, l’organisation apprenante ou le tableau de bord de gestion. Présentées comme des panacées, ces solutions relativement simples ont toutefois produit peu d’impacts sur des problèmes  complexes, faute d’une approche holistique ou de créativité de la part des  gestionnaires. Ces outils se concentrent sur des éléments de l’organisation sans tenir compte de l’ensemble, et sous-estiment ainsi les interactions, souvent très importantes, entre les différentes parties du tout.

L’approche holistique met de l’avant une certaine compréhension des ensembles avant celle des parties en utilisant le langage systémique pour étudier l’organisation et ses composantes : le système organisationnel, les sous-systèmes et les méta-systèmes. Certains mythes nous semblent moins mythiques que d’autres. C’est-à-dire que, dans leur contexte vital, ils sont plus utiles que d’autres. Ainsi l’approche systémique permet d’acquérir une vision holistique de l’organisation afin que le gestionnaire puisse utiliser un outil particulier en connaissance de cause.

La recherche des sources de la pensée systémique nous mène chez les philosophes grecs de l’Antiquité. Platon parle de la gouverne du vaisseau de l’État comme d’une régulation sociale. Aristote utilise la notion d’interdépendance réciproque entre le citoyen et l’État pour expliquer comment la personne peut s’accomplir socialement et personnellement. Les concepts de régulation et d’interdépendance sont des caractéristiques d’un système. Plus tard, dans leurs conceptions du monde, Spinoza, Kant, Marx et Hegel ont recours aux concepts holistiques, autres fondements de l’approche  systémique. Puis, au début du XXe siècle, ces concepts de vision globale du monde sont repris par la psychologie expérimentale.

Le concept contemporain de système s’est développé dans les années 1940 et 1950 aux États-Unis par l’intégration des apports de plusieurs sciences comme la biologie, la mathématique, la physique, l’ingénierie et le management. Ainsi, la théorie des systèmes, la théorie de l’information et la cybernétique apportent une contribution significative à ce qui deviendra l’approche systémique lorsque l’utilisation de ces théories s’étendra aux sciences humaines. Plus récemment,  d’autres théories sont venues s’ajouter au corpus, comme la théorie du chaos et de la complexité.

Dans une perspective systémique les événements sont reliés à d’autres événements ; ils se produisent en système. Des systèmes sont des sous-systèmes de plus grands systèmes. Des relations entre des variables, plutôt que des variables prises isolément, deviennent l’objet de la recherche. Vains, sinon ridicules, apparaissent les efforts pour isoler une variable et son effet.

Il est ainsi possible de représenter par des modèles systémiques plusieurs types de réalité ou d’environnements. Tout en faisant abstraction de la construction théorique qui sous-tend le terme système, la terminologie systémique est régulièrement utilisée dans plusieurs domaines scientifiques et de la vie courante.

De plus, il existe un bon nombre de façons de considérer la représentation d’une réalité par un modèle systémique selon la posture épistémologique ou le paradigme qui guide le chercheur. Il est possible de relier chacune des approches  systémiques à un paradigme représentant une vision ou une métaphore de l’organisation. Un système est un modèle qui représente une réalité sous étude. Ce modèle, d’abord mental, peut être lui-même représenté par un autre modèle, dit formel, afin de faciliter le travail intellectuel et la communication des idées. Par exemple, le « TOC Process Thinking » un outil de la théorie des contraintes pour la résolution des problèmes se construit à travers deux modèles : le modèle verbal et le modèle schématique.

Le modèle verbal permet de produire une description détaillée du  système à partir des idées implicites du modèle mental. Le modèle schématique  fournit une vue d’ensemble du système, comme une carte géographique ou un plan de maison. La conjugaison de ces deux modèles permet d’expliciter plus facilement une réalité qui implique surtout des activités et des relations d’interdépendance entre des êtres humains. En ce sens, l’approche  systémique retenue s’apparente au fonctionnalisme de la cybernétique  organisationnelle.

Toute analyse systémique implique la connaissance de l’environnement. La compréhension des tendances actuelles facilite non seulement la formulation de solutions pertinentes et efficaces pour répondre aux besoins des ressources humaines d’aujourd’hui, mais aussi la réflexion sur des questions susceptibles de se poser demain. Comme tous les autres types d’entreprises, les administrations publiques peuvent tirer profit de l’analyse de leur environnement.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *