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Le répertoire d'idées permettant d'exploiter la pleine puissance de l'information et de la connaissance dans le management des opérations industrielles et institutionnelles


Ammar Hadj Messaoud, Ing.; M.SC.

Archives mensuelles : juin 2022

Les Outils de la Théorie des Contraintes (TOC)

Le succès ou l’échec de toute entreprise repose souvent sur la sélection et l’utilisation appropriée des bons outils. Le management des contraintes n’est pas différent. Alors que les cinq étapes de focalisation de la TOC (POOGI) sont des lignes directrices efficaces pour la gestion tactique et stratégique de tout type de système, dans des situations spécifiques, la nature des contraintes et les problèmes qui y sont associés nécessitent des outils et des procédures différents. L’exploitation d’une contrainte se ferait différemment dans un environnement de service que dans un processus de fabrication. La subordination serait différente dans une entreprise de fabrication lourde qui fabrique des produits standardisés que dans un petit atelier. Savoir quels outils de gestion des contraintes appliquer nécessite une compréhension préalable des différents types de contraintes et de leurs caractéristiques.

Les différents types de contraintes :

Lors de leur première exposition à la théorie des contraintes, les gens sont souvent déconcertés par la grande variété de facteurs qui pourraient contraindre une entreprise ou une institutions. Cependant, à y regarder de plus près, presque tout ce qui pourrait être identifié comme une contrainte tombe dans l’une des sept catégories.

  1. Le marché est toujours un candidat de choix pour être une contrainte. Chaque fois que la demande de vente est inférieure à la capacité du système à gérer cette demande, nous considérons qu’une contrainte de marché est active.
  2. Les ressources sont un autre type évident de contrainte. Nous faisons référence ici aux personnes, aux équipements ou aux machines qui effectuent le travail de production d’un produit ou d’un service. Lorsqu’une ressource interne n’est pas en mesure de répondre à toutes les exigences que la demande du marché lui impose, cette ressource est considérée comme une contrainte active. Les fonctions de support (indirectes) entrent également dans cette catégorie de contraintes.
  3. Une contrainte matérielle existe lorsqu’un système ne peut pas obtenir suffisamment de matières premières ou de fournitures pour effectuer son travail de fabrication ou de service. Nous parlons de pénuries de matériaux externes ou de l’incapacité d’obtenir des matériaux de qualité suffisante, et non des fournisseurs peu fiables.
  4. Les vendeurs/fournisseurs peuvent aussi être une contrainte. Leur fiabilité de livraison est mauvaise ou leurs délais de livraison sont si longs qu’ils découragent la demande du marché pour les produits finis. Comme on peut le voir, cela est différent de la non-disponibilité du matériel ou des fournitures.
  5. Tout le monde dit toujours qu’il est financièrement limité. Mais en réalité, ce qu’ils veulent dire, c’est qu’ils ont un budget limité. Une véritable contrainte financière ne se produit que lorsqu’une entreprise n’a pas les ressources financières pour faire face à ses obligations, c’est-à-dire un problème de trésorerie (cash flow). Par exemple, certaines petites entreprises sont financièrement contraintes lorsqu’elles doivent vendre (et être payées) des produits afin qu’elles puissent utiliser cet argent pour acheter des matières premières afin de répondre à d’autres commandes. S’il n’y a pas assez d’argent, toute autre contrainte peut ne pas avoir d’importance.
  6. Une contrainte de connaissances ou de compétences est similaire à une contrainte de ressources. Une contrainte de connaissances survient lorsque l’entreprise ne sait pas comment faire ce qui doit être fait pour réussir. Par exemple, ne pas savoir comment produire des pièces de précision de haute qualité peut limiter le succès futur d’une entreprise. Il se peut également que l’entreprise n’ait pas suffisamment de compétences dans les tâches à accomplir, telles que l’ingénierie, le marketing ou la gestion de l’information. Nous considérons la compétence comme une contrainte uniquement lorsqu’une compétence existante est utilisée à sa limite, et toute amélioration de cette compétence particulière se traduira par plus de profit.
  7. Le dernier type de contrainte, et le plus répandu, est la politique (les règles). Une politique peut être un document écrit, bien que ce ne soit pas obligatoire. Les politiques peuvent n’être que des façons de penser ou des mœurs culturelles. Le fait de dire « Ce n’est pas comme ça qu’on fait les choses ici ! » est essentiellement une contrainte politique, même si elle n’est écrite nulle part. Aussi, le fait de dire « Nous avons toujours fait comme ça », est le revers de la médaille. Ou bien, le fait de dire « Ce n’est pas inventé ici » est un autre exemple de contrainte politique tacite. Nous considérons les contraintes culturelles, c’est-à-dire les normes et les valeurs qui limitent les améliorations de la performance organisationnelle, comme des contraintes politiques également.

Les contraintes politiques sont les plus insidieuses de toutes car, en dernière analyse, presque tous les autres types de contraintes sont motivés par une politique quelconque. De plus, les contraintes politiques constituent plus de 80% des contraintes dans une entreprise ou une institution. Par conséquent, les changements nécessaires pour identifier, exploiter ou élever correctement les contraintes et pour subordonner les non-contraintes nécessiteront inévitablement de modifier les politiques quelque part au sein de l’entreprise ou de l’institution. Dans la mesure où cela est difficile à faire, la politique, plutôt que la ressource physique, est susceptible d’être la véritable contrainte du système.

Il faut savoir que très peu de facteurs constituent de véritables contraintes du système. En fait, à un moment donné, il peut n’y avoir qu’une seule contrainte active. Comment pouvons-nous savoir quand l’un de ces types de contraintes est actuellement une contrainte active ? Par exemple, un fournisseur peu fiable n’est probablement pas une contrainte active, même si ses performances inférieures peuvent nous causer beaucoup de problèmes. Pour qu’un fournisseur soit une contrainte, nous devons démontrer par une logique directe de cause à effet que l’amélioration de la fiabilité de ce fournisseur aura un effet positif significatif et relativement immédiat sur le résultat net. Il est nécessaire de se méfier de définir rapidement comme des contraintes toutes sortes de limitations qui semblent indésirables, mais qui ne limitent pas directement la réalisation du but ou objectif global de l’entreprise ou de l’institution.

Vivre au-delà du monde des formes et des apparences

Il n’y a pas de progrès possible sans changement, et ceux qui ne peuvent changer d’idée ne peuvent rien changer du tout. Pour avoir de nouvelles idées il faut changer de pensée car nos idées émanent de nos pensées.

Ce qu’on ne peut voir, on l’appelle invisible. Ce qu’on ne peut entendre, on l’appelle inaudible. Ce qu’on ne peut toucher, on l’appelle intangible. Ces trois qualités ne peuvent être définies ; c’est pourquoi on les fusionne pour n’en faire qu’une, un tout. Chacun de ces sens est subtil dans sa description. Intuitivement on peut le voir, l’entendre, et le sentir. Alors l’invisible, l’inaudible, et l’intangible ne font plus qu’un. Son lever n’entraîne aucune aurore, son coucher aucunes ténèbres ; il continue encore et encore, innommable, puis retourne au néant. Approchons-le, il n’a pas de commencement ; suivons-le, il n’a pas de fin. On ne peut le connaître, mais on peut l’incarner dans notre propre vie. Découvrir comment les choses ont toujours été, c’est être en harmonie avec la Voie, la loi de la nature, le créateur.

Essayons d’imaginer l’idée d’éternité : quelque chose qui ne change jamais, qui n’a ni commencement ni fin. On ne peut ni la voir, ni l’entendre, ni la toucher mais on sait qu’elle existe et qu’elle a toujours existé. Pensons ce qui est la compréhension de toutes choses à l’intérieur de nous : l’essence qui nous habite, nous et tout le reste, et qui, pourtant, toujours nous échappe.

Ce principe primordial a gouverné – et gouverne encore – sur tous les êtres ; tout ce qui est, ou qui a été, est la conséquence de son dévoilement. Prenons conscience de ce précepte sans forme en cessant de nous fier à nos sens pour faire l’expérience de cette unité. Nous devons nous inciter à voir sans yeux, à entendre sans oreilles et à tenir sans toucher. Ces trois façons de vivre au-delà du monde des formes doivent être présentes à notre conscience. Ces domaines sans forme et sans apparence fusionnent pour ne faire qu’un dans le monde de l’esprit, qui a créé et gouverne toutes vies. Nous devons nous encourager à vivre en étant parfaitement conscient de ce principe englobant.

Vivre au-delà du monde des formes et des apparences est un principe unique qui sous-tend l’existence de toutes choses. Puiser à même de cette force invisible, intangible et incommensurable nous permettra de connaître l’harmonie qui découle du contact de l’unité, une harmonie qui est le but ultime d’une vie spirituelle. Nous devons apprendre à abandonner notre ego – qui s’identifie au monde des choses, des possessions et des accomplissements – et retourner à cet endroit qui n’est nulle part et qui est pourtant l’origine de tout ce qui existe, la conscience. Ce faisant, nous recouvrerons les pouvoirs mystiques, quasi magiques, de la source éternelle de notre être pour vivre au-delà du monde des formes et des apparences.

Quand nous vivons exclusivement dans le monde des formes, nous nous concentrons sur l’accumulation d’actions « dans les formes et les apparences ». Il est essentiel de nous élever et à nous immerger dans l’inspiration plutôt que dans l’information, à ne faire qu’un avec ce qui a toujours été, la loi de la nature. Et, c’est là que nous allons découvrir comment les choses ont toujours été, c’est être en harmonie avec la Voie, le Créateur.

Le Créateur ne connaît pas de conflits. Comment le pourrait-il ? La Voie est une, mélange d’invisible, d’inaudible et d’intangible. Pouvons-nous imaginer un monde où les conflits sont une impossibilité, un monde où il n’y a ni lumière ni ténèbres ? Comme la Source innommée qui a toujours été ne peut donner que la paix et l’harmonie que nous désirons, reconnaissons cette unité infinie et gardons-la à l’esprit. Nous saurons que la Voie est simplement la Voie quand nous arrêterons de nous demander pourquoi les choses sont ce qu’elles sont ! Débarrassé des peurs qui nous poussent à nous identifier uniquement à ce monde des formes et des apparences, nous pourrons embrasser et aimer notre nature infinie et éternelle, au lieu de craindre que la vie ne s’arrête avec la mort du corps. Nous, notre corps, et tout ce qui est vivant sont le résultat du déroulement de cette éternité.

Il est spirituellement vital de garder toujours à l’esprit le principe éternel qui anime tous les êtres vivants. En voyant dans chaque rencontre, et dans tout ce qui nous identifie au monde de l’ego, une occasion d’assister au dévoilement de Dieu, nous deviendrons davantage comme Lui, et moins comme ce qui a terni le lien qui nous unit à Lui. Voilà ce qui ramènera l’équilibre et restaurera l’harmonie qui est notre véritable nature, débarrassée de l’emprise de l’ego. Lors de ma dernière intervention sur le leadership et en parlant du leadership transformationnel (fondamentalement différent du leadership transactionnel qui est porté sur le matériel et les apparences avec un ego sans limites),  nous avons affirmé que le leader transformationnel développe une vision en regardant au-delà de ce que ses yeux peuvent percevoir.

Chaque fois que nous posons les yeux sur quelqu’un ou quelque chose, demandons-nous : Quelle est la véritable essence de ce que nos yeux nous révèlent ? Songeons à ce nous-ne-savons-quoi de magique qui s’éveille dans les arbres au printemps et aux bourgeons qui éclatent là où il n’y avait que des branches gelées quelques semaines plus tôt. Posons-nous la question : Quelle est l’énergie qui a rendu possible la création de ce moustique ou de n’importe laquelle de nos pensées ? Faisons de même pour tout ce que nous entendons. Ces sons émergent du monde du silence, puis y retournent : améliorons notre ouïe en écoutant ces sons du silence.

Nous éprouverons davantage d’émerveillement et de reconnaissance quand nous aurons embrassé ce principe éternel. Mais mieux encore, nous découvrirons de nouvelles possibilités, y compris celle de notre propre magnificence divine. Notre esprit se libérera de la fausse identification à ce monde transitoire, et nous verrons l’éternel dans toutes choses. Nous transformerons notre vie en choisissant d’être en Esprit. C’est alors que nous comprendrons cette vision poétique que le perse Djalal ad-Din Rumi (1207 – 1273) nous a offerte: « Chaque arbre et chaque plante dans le pré semblent danser, mais ceux qui ont des yeux ordinaires vous diront qu’ils sont fixes et immobiles. » Nous devons nous encourager à voir la danse de ce qui a toujours été dans le présent invisible, inaudible et intangible.

Pour Gouverner Faut-Il des Gens Ordinaires ou des Gens Extraordinaires ? Là est la question !

Dans un de mes postes sur LinkedIn et sur Fb j’avais écrit ce qui suit : « Où va l’argent des algériens ? L’éducation ça marche pas, la santé ça marche pas, la culture ça marche pas, l’université ça marche pas, les services publics ça marche pas, la sécurité (police et armée) ça marche pas; l’économie ça marche pas… Les dirigeants du régime politique algériens ne savent que gaspiller et/ou voler ! »

J’ai remarqué que beaucoup de gens n’ont pas compris le sens des mots « argent des algériens » et non plus leurs significations dans un système de gouvernance. Une grande majorité est très familière avec cette réalité où les gouvernants n’ont aucun compte à rendre sur l’utilisation de « l’argent des algériens ».

Pourtant, en février 2019, les algériens ont mené une « révolution tranquille » ou du sourire dans l’espoir de créer une nouvelle réalité concernant la gouvernance algérienne. Malheureusement cette révolution tranquille a été usurpée par les gens ordinaires qui sont la source, ou la cause profonde, de la déchéance du pays sur tous les plans.

Comme l’avait écrit NEVILLE, « la santé, la richesse, la beauté et le génie ne sont pas créés ; ils se manifestent simplement par le truchement de l’esprit, c’est-à-dire par la conception que les gens ont d’eux-mêmes, et cette conception d’eux-mêmes comprend tout ce qu’ils reconnaissent et considèrent être vrai. »

La gouvernance algérienne a besoin d’une nouvelle réalité avec laquelle tous les algériens ne sont probablement pas habitués. Ce n’est certainement pas celle de la « nouvelle Algérie » pilotée par ceux-là même qui ont conduit le pays dans un monde ténébreux, dont la réalité est obscure et difficilement pénétrable, basé sur le mensonge, le mal et le hideux. La nouvelle réalité dont a besoin la gouvernance algérienne doit s’étendre vers le haut et transcender le niveau ordinaire de la conscience auquel les algériens sont habitués. Sur ce plan supérieur de l’existence, tout être humain qui a déjà vécu peut accéder à volonté, la réalisation de ses souhaits n’est pas seulement probable, elle est garantie. Au lieu de construire des mosquées, les algériens ont besoin d’une préparation au monde qui l’attend, un monde où ils ont beaucoup plus à dire sur les événements qui déterminent leurs vies qu’ils n’ont jamais pu l’imaginer. Cette nouvelle réalité dont a besoin le pays ne peut se produire que lorsqu’on accepte de changer le regard qu’on porte sur soi et sur tout ce qu’il est possible de réaliser durant cette parenthèse d’éternité que nous appelons la vie.

Une réalité nouvelle de la gouvernance algérienne invite les algériens à faire preuve d’ouverture à l’égard d’une représentation radicalement nouvelle d’eux-mêmes. Elle est radicale en ce sens que les algériens avaient été culturellement conditionnés, dès leurs naissances, à se satisfaire d’une « vie normale » et d’un niveau de conscience ordinaire. On les a conditionné à accepter tout ce que la vie veut bien leurs donner. À plus d’un égard ils ont été programmés afin de croire qu’ils ne possèdent pas la sagesse ou les aptitudes pour manifester la réalisation de leurs souhaits et désirs.

Aussi il est clair qu’il Il existe un niveau de conscience où on peut décider de vivre et qui permet, à la condition qu’on cesse de se voir comme un être ordinaire, de réaliser tous les désirs qu’on nourrit pour soi-même. Tout commence par le regard qu’on porte sur soi-même. Ordinaire ou extraordinaire ?

L’ordinaire est, à vrai dire, bien ordinaire. Il signifie qu’on fait tout ce que votre culture et votre famille attendent de vous, conformément à ce pour quoi on vous a programmé. Cela implique que vous entriez dans le moule, étudiez fort, suiviez les règles, remplissiez vos obligations, complétiez les formulaires, payiez vos impôts, occupiez un emploi, bref, que vous fassiez tout ce qu’on attend d’un honnête citoyen. Ensuite, vous prenez votre retraite, vous jouez avec vos petits-enfants et, ultimement, vous mourrez. Un tel scénario n’a absolument rien de mauvais, il est même plus qu’acceptable.

L’extraordinaire englobe à peu près tout ce qui est ordinaire, du moment où nous vivons tous dans le même monde physique. Il y aura toujours des formulaires à remplir, des règles à respecter, des comptes à payer et des obligations familiales auxquelles on devra se conformer. Mais le niveau de conscience extraordinaire correspond à notre âme, à cette énergie invisible et sans limite qui se cache derrière vos yeux et possède des intérêts bien différents de ceux du moi ordinaire.

L’idéal d’une âme, ce vers quoi elle tend, ce n’est pas d’acquérir plus de connaissances. L’âme ne cherche pas à se comparer, à triompher, à rayonner, à posséder, ou même à être heureuse. L’idéal de l’âme, c’est l’espace, l’expansion et l’immensité. Ce dont elle a besoin, plus que de toute autre chose, c’est d’être libre de se déployer, de s’affranchir et d’embrasser l’infini. Pourquoi ? Parce que l’âme est elle-même infinie. Elle ne connaît aucune restriction ou limitation — elle ne veut pas être enfermée — et quand on essaye de la contrôler au moyen de règles ou d’obligations, elle devient misérable.

Le moi invisible est extraordinaire car il est un fragment de l’âme universelle qui, elle, est infinie. La part de soi-même qui est à l’honneur, c’est celle-là même qui reconnaît la grandeur et s’impatiente à l’idée de se voir perdre ses chaînes ; elle repose sur une nouvelle conception de soi-même, une conception qui s’inspire de son âme.

En analysant les actions et décisions de ceux qui pilotent le système de gouvernance algérienne on peut facilement conclure que ce sont des gens ordinaires sans âmes, sans cœurs et dont le corps (l’Algérie) est gravement malade et régression continue.