SCIQUOM   I  IDEEFORCE         

     

Le répertoire d'idées permettant d'exploiter la pleine puissance de l'information et de la connaissance dans le management des opérations industrielles et institutionnelles


Ammar Hadj Messaoud, Ing.; M.SC.

Vivre au-delà du monde des formes et des apparences

Il n’y a pas de progrès possible sans changement, et ceux qui ne peuvent changer d’idée ne peuvent rien changer du tout. Pour avoir de nouvelles idées il faut changer de pensée car nos idées émanent de nos pensées.

Ce qu’on ne peut voir, on l’appelle invisible. Ce qu’on ne peut entendre, on l’appelle inaudible. Ce qu’on ne peut toucher, on l’appelle intangible. Ces trois qualités ne peuvent être définies ; c’est pourquoi on les fusionne pour n’en faire qu’une, un tout. Chacun de ces sens est subtil dans sa description. Intuitivement on peut le voir, l’entendre, et le sentir. Alors l’invisible, l’inaudible, et l’intangible ne font plus qu’un. Son lever n’entraîne aucune aurore, son coucher aucunes ténèbres ; il continue encore et encore, innommable, puis retourne au néant. Approchons-le, il n’a pas de commencement ; suivons-le, il n’a pas de fin. On ne peut le connaître, mais on peut l’incarner dans notre propre vie. Découvrir comment les choses ont toujours été, c’est être en harmonie avec la Voie, la loi de la nature, le créateur.

Essayons d’imaginer l’idée d’éternité : quelque chose qui ne change jamais, qui n’a ni commencement ni fin. On ne peut ni la voir, ni l’entendre, ni la toucher mais on sait qu’elle existe et qu’elle a toujours existé. Pensons ce qui est la compréhension de toutes choses à l’intérieur de nous : l’essence qui nous habite, nous et tout le reste, et qui, pourtant, toujours nous échappe.

Ce principe primordial a gouverné – et gouverne encore – sur tous les êtres ; tout ce qui est, ou qui a été, est la conséquence de son dévoilement. Prenons conscience de ce précepte sans forme en cessant de nous fier à nos sens pour faire l’expérience de cette unité. Nous devons nous inciter à voir sans yeux, à entendre sans oreilles et à tenir sans toucher. Ces trois façons de vivre au-delà du monde des formes doivent être présentes à notre conscience. Ces domaines sans forme et sans apparence fusionnent pour ne faire qu’un dans le monde de l’esprit, qui a créé et gouverne toutes vies. Nous devons nous encourager à vivre en étant parfaitement conscient de ce principe englobant.

Vivre au-delà du monde des formes et des apparences est un principe unique qui sous-tend l’existence de toutes choses. Puiser à même de cette force invisible, intangible et incommensurable nous permettra de connaître l’harmonie qui découle du contact de l’unité, une harmonie qui est le but ultime d’une vie spirituelle. Nous devons apprendre à abandonner notre ego – qui s’identifie au monde des choses, des possessions et des accomplissements – et retourner à cet endroit qui n’est nulle part et qui est pourtant l’origine de tout ce qui existe, la conscience. Ce faisant, nous recouvrerons les pouvoirs mystiques, quasi magiques, de la source éternelle de notre être pour vivre au-delà du monde des formes et des apparences.

Quand nous vivons exclusivement dans le monde des formes, nous nous concentrons sur l’accumulation d’actions « dans les formes et les apparences ». Il est essentiel de nous élever et à nous immerger dans l’inspiration plutôt que dans l’information, à ne faire qu’un avec ce qui a toujours été, la loi de la nature. Et, c’est là que nous allons découvrir comment les choses ont toujours été, c’est être en harmonie avec la Voie, le Créateur.

Le Créateur ne connaît pas de conflits. Comment le pourrait-il ? La Voie est une, mélange d’invisible, d’inaudible et d’intangible. Pouvons-nous imaginer un monde où les conflits sont une impossibilité, un monde où il n’y a ni lumière ni ténèbres ? Comme la Source innommée qui a toujours été ne peut donner que la paix et l’harmonie que nous désirons, reconnaissons cette unité infinie et gardons-la à l’esprit. Nous saurons que la Voie est simplement la Voie quand nous arrêterons de nous demander pourquoi les choses sont ce qu’elles sont ! Débarrassé des peurs qui nous poussent à nous identifier uniquement à ce monde des formes et des apparences, nous pourrons embrasser et aimer notre nature infinie et éternelle, au lieu de craindre que la vie ne s’arrête avec la mort du corps. Nous, notre corps, et tout ce qui est vivant sont le résultat du déroulement de cette éternité.

Il est spirituellement vital de garder toujours à l’esprit le principe éternel qui anime tous les êtres vivants. En voyant dans chaque rencontre, et dans tout ce qui nous identifie au monde de l’ego, une occasion d’assister au dévoilement de Dieu, nous deviendrons davantage comme Lui, et moins comme ce qui a terni le lien qui nous unit à Lui. Voilà ce qui ramènera l’équilibre et restaurera l’harmonie qui est notre véritable nature, débarrassée de l’emprise de l’ego. Lors de ma dernière intervention sur le leadership et en parlant du leadership transformationnel (fondamentalement différent du leadership transactionnel qui est porté sur le matériel et les apparences avec un ego sans limites),  nous avons affirmé que le leader transformationnel développe une vision en regardant au-delà de ce que ses yeux peuvent percevoir.

Chaque fois que nous posons les yeux sur quelqu’un ou quelque chose, demandons-nous : Quelle est la véritable essence de ce que nos yeux nous révèlent ? Songeons à ce nous-ne-savons-quoi de magique qui s’éveille dans les arbres au printemps et aux bourgeons qui éclatent là où il n’y avait que des branches gelées quelques semaines plus tôt. Posons-nous la question : Quelle est l’énergie qui a rendu possible la création de ce moustique ou de n’importe laquelle de nos pensées ? Faisons de même pour tout ce que nous entendons. Ces sons émergent du monde du silence, puis y retournent : améliorons notre ouïe en écoutant ces sons du silence.

Nous éprouverons davantage d’émerveillement et de reconnaissance quand nous aurons embrassé ce principe éternel. Mais mieux encore, nous découvrirons de nouvelles possibilités, y compris celle de notre propre magnificence divine. Notre esprit se libérera de la fausse identification à ce monde transitoire, et nous verrons l’éternel dans toutes choses. Nous transformerons notre vie en choisissant d’être en Esprit. C’est alors que nous comprendrons cette vision poétique que le perse Djalal ad-Din Rumi (1207 – 1273) nous a offerte: « Chaque arbre et chaque plante dans le pré semblent danser, mais ceux qui ont des yeux ordinaires vous diront qu’ils sont fixes et immobiles. » Nous devons nous encourager à voir la danse de ce qui a toujours été dans le présent invisible, inaudible et intangible.

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