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Ammar Hadj Messaoud, Ing.; M.SC.

60 Ans d’Indépendance Dépourvus des Principes Fondamentaux de la Liberté

En tant qu’algérien qui dépasse la soixantaine et qui rêvait des vertus de l’indépendance et des principes fondamentaux de la liberté, je me permets de répondre à Monsieur Zéroual, ancien président de l’Algérie qui a déserté ses responsabilités, et au président actuel qui prononce des mots sans en être imprégné des principes qui leurs sont sous-jacents.

Celui qui comprend les autres est savant ; celui qui se comprend lui-même est sage. Maîtriser les autres exige de la force ; se maîtriser soi-même exige de la force de caractère. Si on se rend compte qu’on a suffisamment, alors ont est vraiment riche. Celui qui se consacre à sa situation va sûrement vivre vieux, mais celui qui se consacre aux principes fondamentaux de la liberté vivra éternellement.

Dans le monde d’aujourd’hui, on considère qu’une personne éduquée possède plusieurs diplômes et peut discuter intelligemment de différents sujets, en plus d’exceller dans son propre domaine académique. En plus d’avoir accumulé des crédits à l’université, on remarque que ceux et celles qui ont une formation poussée sont souvent capables de comprendre les autres et de les aider. En fait, ils semblent posséder un don particulier pour « deviner » à quel genre de personnes ils ont affaire. L’étendue de ce talent a tendance à être proportionnelle au nombre d’individus dont nous avons la charge.

Nous allons fêter le 60ème anniversaire du fruit du combat des martyres algériens contre le colonisateur français.  Après soixante ans, j’ai de la peine d’écrire le mot « indépendance », car le mot indépendance veut dire pour moi « liberté ». Cette « liberté » est-elle entière ? Cette indépendance est-elle intègre ? Mes compatriotes vivent-ils dans une intégrité qui est le résultat d’une gouvernance intègre depuis 60 ans ? Le pays vit-il sa pleine cohésion sociale ? Ce sont les questions qu’il faut se poser.

La « liberté » est issue de l’unité : le pays est entier et ferme, l’esprit est entier et plein, et le pays se tient droit. Tout cela découle des vertus de l’intégrité. Lorsque des gouvernants interfèrent avec la « liberté », le ciel se noircit, le pays s’épuise, l’équilibre est compromis, l’intégrité et l’intelligence disparaissent. Par conséquent, une gouvernance noble est ancrée dans l’humilité. Ce qui est élevé est basé sur ce qui est en bas, la liberté du peuple algérien. C’est pourquoi des dirigeants nobles et intègres se disent seuls, dépourvus et sans mérites. Comme les pièces d’un chariot sont inutiles à moins qu’elles n’opèrent en fonction du tout. « Le tout » et la liberté du peuple algérien de décider de son devenir. La vie d’un homme d’état n’apporte rien à moins qu’il ne vive en accord avec les principes fondamentaux de la liberté et de la loi de la nature. Jouer son rôle en harmonie avec les principes fondamentaux de la liberté, voilà la véritable humilité. En fait, trop d’honneur signifie absence d’honneur. Il n’est pas sage de resplendir comme du jade et de résonner comme un carillon vide. Quand l’humilité devient le reflet de notre intégrité, alors nous vivons en sachant que nous sommes la partie d’un tout.

La liberté qui dérive de l’indépendance d’un pays est un tout dont la principale caractéristique est l’unité. Aucune de ses parties ne ressent le besoin de se distinguer du reste. Tout ce qui compose le pays, son capital naturel, son capital artificiel, son capital humain et sont capital social font partie du tout, mais mieux encore, c’est leur plus grande vertu ! Mais, l’ego des gouvernants, depuis 60 ans, persiste à dire qu’ils sont séparés, distincts et généralement supérieurs au peuple qu’ils gouvernent. Mais si ces gouvernants parviennent à modifier le point de vue de leur ego, leur vie ne sera plus la même.

Quand les gouvernants algériens seront prêts à coopérer et à chercher des signes d’unicité et les marqueurs de la cohésion sociale, ils commenceront à voir et à sentir le lien qui unit toutes choses. Par exemple, le corps humains est une métaphore éclairante d’un tout dans son ensemble. Bien qu’étant une seule entité, il est constitué de milliards de cellules individuelles reliées entre elles. Il suffit d’une cellule qui fait preuve d’arrogance par rapport au tout pour faire souffrir toutes les autres et finalement les détruire, un peu comme les gouvernants algériens qui interfèrent avec les principes fondamentaux de la « liberté » en polluant la vie des algériens, en épuisant le pays et en compromettant l’équilibre du tout. Une cellule cancéreuse qui refuse de coopérer avec ses voisines finira par les engloutir, et si rien n’est fait, par détruire l’ensemble de l’organisme. Pourquoi ? Parce que la cellule cancéreuse n’entretient aucune relation avec le tout. Elle se détruira elle-même en tuant l’hôte dont sa propre survie dépend. Les gouvernants algériens depuis 60 ans portent en eux les germes de leur propre destruction et celle du pays. Ils se détruisent eux-mêmes en participant  à la destruction des principes fondamentaux de la liberté dont dépend leur propre survie.

Chaque partie du tout est potentiellement dangereuse (et généralement inutile) si elle ne fonctionne pas en harmonie avec les autres. La vie des gouvernants algériens doit être en relation avec les principes fondamentaux de la liberté, une relation qui se forge dans l’humilité. Autrement dit, l’intégrité et l’humilité sont une seule et même chose. Les gouvernants algériens doivent repenser leur relation avec le peuple algérien dans sa diversité et jouer leur rôle en « harmonie avec le tout ». C’est ça la signification de l’indépendance et de la liberté.

Les gouvernants algériens doivent vivre dans un esprit d’unicité, en sachant qu’ils ont un rôle à jouer en tant que partie des principes fondamentaux de la liberté. Ils ne peuvent interagir avec les principes fondamentaux de la liberté et mener une vie de grandeur et d’isolement du tout. La vie d’un homme n’apporte rien à moins qu’il ne vive en accord avec les principes fondamentaux de la liberté. Une gouvernance sage qui a saisi la nature éternelle des principes fondamentaux de la liberté ne s’identifie plus à son ego et vit en contact avec ces principes fondamentaux de la liberté. Une gouvernance sage fait des autres sa priorité, ne demande rien en retour et rend service au peuple en y mettant tout son cœur.

Une gouvernance basée sur l’ego est une force exigeante qui n’est jamais satisfaite : elle demande constamment à ce qu’elle acquiert plus d’argent, de pouvoir, de biens, de gloire et de prestige pour lui fournir le carburant dont elle croit avoir besoin. Vivre une vie centrée sur les principes fondamentaux de la liberté, plutôt que centrée sur l’ego, permet d’échapper à cette course folle et de recevoir en retour la tranquillité d’esprit et le contentement.

Quand les gouvernants d’un pays  mènent une vie centrée sur les principes fondamentaux de la liberté, ils cherchent d’abord à se comprendre eux-mêmes, plutôt qu’à juger les opinions et les actions des autres. Ils cessent d’accumuler des bien personnels et de rechercher un statut honorifique pour se consacrer à la compréhension et à la maîtrise d’eux-mêmes en tout temps et partout. Leur désir de dominer les autres cède la place à une force de caractère qui leur permet d’agir conformément à la sagesse inhérente aux principes fondamentaux de la liberté.

Lorsque les gouvernants de l’Algérie modifieront leur façon de penser, le pays connaîtra des changements radicaux, mais agréables. Par exemple, lorsque qu’ils auront pris conscience qu’ils sont responsables de leurs réactions en toutes circonstances, les gens qui les entourent n’auront plus aucun pouvoir sur eux. Au lieu de mettre en prison les gens épris de liberté et se demander : pourquoi ces gens se comportent-ils ainsi et pourquoi cela les rendent-ils furieux? Ils verront cette situation comme une invitation à explorer leurs personnalités sous l’angle de la maîtrise de soi. Cet exercice d’introspection leur permettra d’examiner leurs réactions dans un esprit de tolérance envers eux-mêmes. Mieux encore, en cherchant le courant de leurs pensées et en acceptant d’en suivre le cours, le comportement des autres perdra aussitôt son pouvoir perturbateur, et ils auront soudain l’impression que le pays baigne dans l’harmonie des principes fondamentaux de la liberté qui circule depuis toujours en eux.

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