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Ammar Hadj Messaoud, Ing.; M.SC.

Leadership et la gouvernance de l’ère des dinosaures en ce 5 juillet 2022

Le 5 juillet me fait penser à l’existence patriotique, cela me fait penser à l’ALN et nos vaillants martyrs, l’armée me fait penser à nos grands chefs et « nos grands chefs » me font penser à la direction et au leadership. Donc, je fais un surf sur les principes de direction et de leadership qui doivent prévaloir après 60 ans d’indépendance.

Aujourd’hui, lorsque l’on accepte une position de leadership il faut connaître la responsabilité de son travail. La question que l’on peut se poser est : en quoi consiste le travail d’un leader (top management) ? C’est d’accomplir la transformation de son entreprise, de son institution ou l’état.

Aujourd’hui un leader travaille à bien plus que l’amélioration. Il doit mettre en lumière une voie de transformation. Pour transformer quoi ? Le style de gestion en silo qui prévaut en un style d’optimisation du système. Cette transformation nécessite des efforts constants, mais en fin de compte, elle permet aux entreprises et aux institutions de remplir constamment leur rôle dans le monde avec la plus haute qualité et rapidité. Cela nécessite des connaissances, de la méthode et des outils, et cela nécessite un type particulier de leader. Ceci est loin de l’illusion de la « nouvelle Algérie ».

Lorsque les gens comprendront qu’une entreprise ou une institution est un système, un réseau de composants interdépendants, il doit également y avoir un changement dans la compréhension du leadership en tant que rôle et en tant que pratique. De toute évidence, le style de leadership à l’ancienne mode de commandement et de contrôle n’est plus valable, il conduit à la régression et à la disparition. A qui pensons-nous quand nous entendons le mot leader ? Pratiquement chaque entreprise humaine a quelqu’un qui se démarque de la foule. Et, souvent en Algérie, le mot « leader » est attribué à des personnes très discutables.

Un leader dans le monde complexe d’aujourd’hui ne peut pas être une personne qui improvise. Il est vrai qu’il existe aujourd’hui une mine d’informations facilement disponibles sur tous les sujets. Nous sommes submergés d’informations et de conseils, mais, l’information est aléatoire alors que la connaissance est ordonnée et cumulative. Un leader aujourd’hui doit, par définition, être quelqu’un qui a une théorie, qui « possède » un ensemble de connaissances, pas seulement des informations, pour soutenir sa prétention d’être capable d’accomplir une transformation dans son périmètre de contrôle. Il faut prendre conscience que la théorie n’est pas le contraire de la pratique. La théorie est ce qui permet à une pratique solide de se produire.

La transformation (la réforme)  d’un pays, d’une entreprise ou d’une institution est celle qui prône l’optimisation du système comme préalable à une innovation véritable et continue. Cela nous éloigne de tout type de leadership de type commandement et contrôle. Au lieu de cela, la nouvelle approche globale du leadership est celle où la compétition est remplacée par la coopération, où la performance est gérée de manière systémique plutôt que jugée, en utilisant une réflexion statistique appropriée et non évaluée de manière déterministe, où le travail d’équipe est encouragé plutôt que le classement des individus.

La connaissance est obligatoire mais elle ne suffit pas. Un leader doit être capable de faire passer son message. Il doit pouvoir s’adresser à son peuple d’une manière qui touche leur cerveau mais aussi leur cœur. Un leader doit aussi avoir du courage; « il doit suivre l’exemple et être un exemple. » Un leader doit avoir la force nécessaire pour accomplir quelque chose dont il est probablement le seul à avoir la vision, et il doit être capable de communiquer clairement cette vision. Pour que cette vision se concrétise, un leader doit avoir un plan d’action, un guide étape par étape que les gens peuvent comprendre et exécuter. Ce sont tous des attributs nécessaires pour un leader, mais ils ne sont pas suffisants.

Nous avons évolué bien au-delà d’une simple situation où les gens ont juste besoin qu’on leur dise quoi faire. Un leader d’une entreprise, d’une institution ou d’un pays interconnecté doit fournir à ses employés ou à son peuple une vision de la vie; leurs paroles et leurs actions doivent élever la foi des gens dans la possibilité de construire un monde meilleur. En Algérie, il ya eu des gens – il y en a toujours – qui ont capturé l’imagination de beaucoup et, malheureusement, ils ont eu de nombreux adeptes. Mais ils n’étaient pas des leaders parce que leur vision allait à l’encontre de toute éthique acceptable.

Un leader est désintéressé et ne recherche aucun pouvoir ; au contraire, il voit son travail comme une servitude. Ce n’est pas parce qu’il est faible mais parce qu’il comprend son rôle dans le monde. Un leader, au fond, est un catalyseur du potentiel des gens. Un leader doit être le reflet de la lumière vers les gens qu’il dirige, afin qu’ils puissent se voir à nouveau.

Un leader doit viser à créer d’autres leaders et non des suiveurs. Il le fait en élevant la capacité de son peuple à répondre à leurs pulsions intérieures et à répondre à leurs peurs primitives. Il ne cherche aucun contrôle sur les émotions des gens ; il les responsabilise, il leur donne la possibilité de donner le meilleur d’eux-mêmes. Un leader comprend que nous vivons dans un monde où les interconnexions et les interdépendances dépassent facilement notre capacité à les comprendre pleinement. Le seul rôle significatif que nous puissions jouer dans ce réseau interconnecté est d’agir en tant que conduit afin que les entreprises et les institutions puissent réaliser leur but.

La transformation pour une véritable « nouvelle Algérie » est celle où l’accent est mis sur l’aide aux entreprises et aux institutions à remplir leur rôle et leur but dans le monde, à poursuivre le but qu’elles se sont fixé, à accomplir la vision qui a inspiré leur création. Presque invariablement, cela doit permettre à l’entreprise, à l’institution ou à l’état de se concentrer sur les éléments clés qui déterminent le succès. Ces éléments clés du succès peuvent se résumer en la qualité, l’implication et la fluidité.

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