SCIQUOM   I  IDEEFORCE         

     

Le répertoire d'idées permettant d'exploiter la pleine puissance de l'information et de la connaissance dans le management des opérations industrielles et institutionnelles


Ammar Hadj Messaoud, Ing.; M.SC.

Archives mensuelles : août 2022

Perception, Action et Volonté un Triptyque pour Transformer les Obstacles en Opportunités

Dans la vie on se retrouve fréquemment face à cette chose, ce problème, cet obstacle, cette difficulté frustrante, malencontreuse, problématique, inattendue, qui nous empêche de faire ce que nous voulons. Nous la redoutions ou espérions qu’elle ne se produise jamais. Et si ce n’était pas si grave, après tout ?

Et s’il y avait certains avantages ancrés ou inhérents à ce problème, des bénéfices dont nous pourrions tirer parti ? Que ferions-nous ? Comment réagirait la majorité des gens ? Ils feraient sans doute ce qu’ils ont toujours fait, et ce que vous faites vous-même en ce moment : rien. Soyons honnêtes, la plupart d’entre nous restent paralysés. Quels que soient nos objectifs personnels, nous restons paralysés devant les nombreux obstacles qui se dressent devant nous.

Nous aimerions qu’il en soit autrement, mais c’est pourtant la vérité. Ce qui nous bloque est clair. Il y a les causes systémiques : une gouvernance qui conjugue autocratie, gérontocratie et inaptocratie en interactions dynamiques, des institutions qui se dégradent, un taux de chômage en hausse, des prix qui s’envolent, une régression continue dans tous les domaines. Et, il ya les causes individuelles : on se trouve trop petit, trop vieux, trop peureux, trop pauvre, pas de savoir faire actuel, des connaissances et une pensée dépassées par le temps, sans soutien, manque de confiance. On se retrouve doués pour dresser la liste de tout ce qui nous arrête.

Chaque obstacle est unique pour chacun d’entre nous, mais nos réactions sont identiques : la peur, la frustration, la confusion, l’impuissance, la dépression, la colère. Nous savons ce que nous avons envie de faire, mais nous avons l’impression qu’un ennemi invisible nous retient, nous plaque au sol. Nous essayons d’atteindre un but, mais, invariablement, quelque chose bloque notre chemin, contrecarrant chacune de nos actions. Le peu de liberté qui nous reste nous laisse l’impression que nous pouvons faire quelque chose, et que c’est notre faute si nous n’arrivons pas à avancer.

Nos emplois, nos relations, notre vie au quotidien, notre place dans le monde ne nous satisfont pas. Nous essayons d’avancer, mais quelque chose se dresse au milieu du chemin. Alors, nous ne faisons rien. On accuse le peuple, notre patron, la situation économique, les politiques, les autres. On estime que nos objectifs sont inaccessibles. Pourtant, seules notre attitude et notre approche sont à remettre en cause.

On ne compte plus les exemples (et les livres) qui nous expliquent comment réussir, mais personne ne nous a jamais appris à surmonter l’échec, à appréhender les obstacles, à y faire face et à triompher. Alors, nous sommes coincés. Assaillis de toutes parts, nous sommes perdus, déchirés. Nous ne savons pas quoi faire. Cependant, tout le monde ne reste pas paralysé. Nous admirons ceux qui semblent transformer les obstacles en véritables tremplins. Mais comment font-ils ? Quel est leur secret ?

Ce qui est encore plus mystérieux, c’est que les générations précédentes, nos vaillants martyrs et combattants (hommes et femmes) pour la liberté ont affronté des problèmes bien pires avec moins de filets de sécurité et d’outils à leur disposition. Ils ont géré les mêmes obstacles que nous devons affronter aujourd’hui. Et pourtant nous sommes encore coincés avec une autre forme de colonisation.

Nous vivons des crises multidimensionnelles. Mis à l’épreuve par ces pressions, les dirigeants des entreprises et des instituions dans le monde prospère se sont transformés en premier. Chez nous, il n’ya point de transformation, c’est le statu quo qui prédomine par la reproduction de pratiques dépassées par le temps. Les mauvaises entreprises et les mauvaises institutions sont détruites par la crise, les bonnes y survivent et les excellentes s’améliorent.

À l’image des entreprises et des institutions excellentes, les grands leaders trouvent un moyen de transformer le négatif en positif. C’est impressionnant et même un exploit touchant. Ils ont pris à bras-le-corps ce qui les retenait – ce qui pourrait nous retenir en cet instant même – et l’ont utilisé pour avancer. Tous les grands leaders de l’histoire partagent cela. Comme l’oxygène sur le feu, les obstacles sont venus alimenter la flamme de leur ambition. Rien ne pouvait les empêcher d’aller de l’avant et ils étaient (et continuent à être) impossibles à décourager ou à arrêter. Chaque entrave n’a fait qu’attiser leur feu intérieur avec une férocité décuplée. Ce sont des personnes qui ont renversé leurs obstacles, ce sont des « philosophes », des stoïciens. Ils avaient la capacité de percevoir les obstacles tels qu’ils sont réellement, l’ingéniosité de les gérer et la volonté de se confronter à un univers qui dépassait leur entendement et leur maîtrise.

Nous qui ne savons que gérer une rente, qu’est-ce que les pays qui produisent de la richesse ont de plus que nous ? Qu’est-ce qui nous manque ? C’est simple : une méthode et un cadre pour comprendre, apprécier et agir par rapport aux obstacles que la vie sème devant nous. Dans une situation négative, nous pouvons trouver un avantage. Toutes les grandes victoires, que ce soit dans le monde de la politique, des affaires, de l’art ou de la séduction, ont nécessité la résolution de problèmes frustrants grâce à un savant dosage de créativité, de concentration et d’audace. Quand on a un but, les obstacles nous apprennent comment nous rendre là où nous voulons aller ; ils nous dessinent le chemin à emprunter, « les choses qui font mal sont instructives ».

Aujourd’hui, la plupart des obstacles au développement économique du pays sont internes, non pas externes. Au lieu de nous opposer à des ennemis fictifs, nous subissons des tensions internes. Nous connaissons des frustrations à tous les niveaux de la vie et dans tous les domaines de la vie. Nous avons des désirs inassouvis. Nous sommes impuissants. Et nous ressentons toujours les mêmes émotions qui définissent l’être humain, à savoir le chagrin, la douleur et la perte.

La source de beaucoup de nos problèmes provient du fait que nous avons trop de choses : trop de dictature, trop de vieux dépassés par le temps humain qui gouvernent, trop de médiocrité et de stupidité, trop d’inaptitude, trop de manque de civisme, trop de traditions archaïques qui dictent notre façon de vivre, trop de religiosité et beaucoup d’autres choses de trop… Nous avons plus que jamais besoin d’une approche pour vaincre les obstacles et prospérer dans le chaos, une méthode qui nous aide à renverser nos problèmes, à les utiliser comme une toile pour peindre un chef-d’œuvre. Une approche polyvalente qui est adaptée aux gouvernants, aux entrepreneurs comme aux artistes ou aux coachs.

La problématique qui se pose est : comment passer au travers les obstacles pour le meilleur ? Nous n’avons besoin de rien de plus que de trois choses comme l’avait dit Marc Aurèle (empereur romain) : « un jugement objectif, à l’instant présent. Une action désintéressée, à l’instant présent. L’acceptation volontaire, à l’instant présent, de tout événement extérieur. » Vaincre les obstacles est une discipline qui comporte trois étapes essentielles. Tout commence par la façon d’aborder nos problèmes spécifiques, notre attitude ou notre approche ; puis viennent l’énergie et la créativité avec lesquelles nous les disséquons et les transformons en opportunités ; et enfin, l’adoption et le maintien d’une volonté intérieure qui nous permettent de gérer l’échec et la difficulté. Il s’agit de trois disciplines interdépendantes, interconnectées et reliées de façon fluide : la perception, l’action et la volonté. C’est un processus simple, mais jamais facile.

Qu’est-ce qu’on entend par « perception » ? C’est la façon de percevoir et de comprendre ce qui se passe autour de nous – et de décider de l’importance à accorder à ces événements. Nos perceptions peuvent être une force ou une faiblesse. Si nous sommes émotifs, subjectifs ou si nous manquons de vision à long terme, nous ne faisons qu’amplifier nos problèmes. Pour éviter d’être accablé par notre environnement, nous devons apprendre à modérer nos passions et limiter leur impact sur notre vie. Il faut du talent et de la discipline pour éviter les nuisances d’une perception erronée, pour distinguer les signes fiables des leurres, pour filtrer les idées reçues, les attentes, les peurs. Il faut changer de pensée, apprendre la pensée systémique, cela en vaut la peine, car on ne voit que la vérité. Tandis que les autres (mus par la pensée newtonienne basée sur les optima locaux) sont surexcités ou effrayés, ceux qui sont mus par la pensée systémique (basée sur l’optimum global) restent calmes et imperturbables. Ils voient les choses simplement, sans détour, telles qu’elles sont – ni bonnes ni mauvaises. C’est un avantage considérable pour affronter les obstacles.

La discipline de la perception permet de garder à l’esprit plusieurs éléments lorsque nous sommes face à un obstacle qui nous semble insurmontable. Nous devons essayer : 1) d’être objectif ; 2) de contrôler nos émotions ; 3) de choisir de voir le bon côté du problème ; 4) de rester calme ; 5) d’ignorer ce qui perturbe ou limite les autres ; 5) de relativiser ; 6) de revenir à l’instant présent ; et 7) de nous concentrer sur ce que nous pouvons contrôler. C’est ainsi que l’on voit les opportunités devant l’obstacle. Cela n’arrive pas par miracle, c’est un processus basé sur l’autodiscipline et la logique systémique qui dicte que les propriétés d’un système émergent des interactions entre les composantes d’un système et non pas des propriétés individuelles des composantes d’un système. Il suffit d’apprendre les outils de la pensée systémique et de les mettre en pratique.

Qu’est-ce qu’on entend par « l’action » ? Agir est banal, contrairement à mener l’action adéquate. N’importe quelle action ne fera pas l’affaire. C’est l’action dirigée vers l’optimum global qui est appropriée. Tout doit être fait au service de l’ensemble, du tout. Étape par étape, action après action, nous démantèlerons les obstacles dressés sur notre chemin vers le but de tout système. Avec persévérance et souplesse, nous agirons dans l’intérêt du but de l’entreprise (produire beaucoup d’argent maintenant et durablement). Pour atteindre ce but il ya des conditions nécessaires à assurer : toutes les parties prenantes du système doivent être satisfaites. L’action demande du courage, pas de l’effronterie. L’action nécessite une application créative et pas une force brutale. Ce sont nos gestes et nos décisions qui nous définissent : nous devons agir délibérément, avec audace et persévérance. Ce sont les attributs de l’action appropriée et efficace. Rien d’autre – ni réflexion, ni évasion, ni aide de tierces personnes ou de tierces pays. L’action, la bonne action, est la solution et le remède à nos problèmes.

Il est regrettable que beaucoup de personnes échouent et reculent au moment du passage à l’acte. L’action est naturelle, innée. Si on trébuche et tombe, le corps nous protégera instinctivement. On tend les mains pour amortir la chute afin de ne pas tomber la tête la première. Dans un accident, nous serons en état de choc, mais nous lèverons quand même les bras pour vous protéger le visage. C’est de là que vient le terme de blessures défensives. On ne réfléchit pas, on ne se plaint pas, on ne conteste pas. On agit. On a en nous une force véritable, plus de force qu’on ne l’imagine.

Mais dans la vie, lorsque nous maîtrisons nos pires instincts, nous traînons les pieds. Nous jouons les fragiles et sommes incapables de nous améliorer. Nous pouvons exprimer un problème, et même des solutions éventuelles, mais des semaines, des mois, voire des années plus tard, le problème est toujours là. Ou il a empiré. C’est comme si nous nous attendions à ce que quelqu’un d’autre s’en charge, comme si nous croyions en toute honnêteté qu’il y ait une chance pour que l’obstacle disparaisse tout seul. Ignorer le problème ou jouer à faire semblant est plus agréable, mais on sait au fond de nous que ça ne va pas arranger les choses. Il faut agir. Et agir maintenant. Les vrais leaders n’abandonnent pas. Ne s’apitoient pas sur leur sort. Ils ne se bercent pas d’illusions sur des solutions simples. Ils se concentrent sur ce qui importe : s’appliquer avec enthousiasme et créativité à résoudre les problèmes.

Chaque obstacle vaincu nous rend plus fort pour affronter le suivant. Non, pas d’excuses, pas d’exceptions. Ne pas se défiler : cela dépend de vous. On ne peut pas se permettre de fuir ses responsabilités, de se cacher. Nous essayons de faire quelque chose de précis. Nous avons un obstacle auquel nous nous confrontons et que nous devons franchir. Personne ne viendra nous sauver. Si nous voulons parvenir là où nous le souhaitons, atteindre notre but, il n’y a qu’un seul chemin : répondre au problème par l’action appropriée. Par conséquent, nous pouvons toujours (et pas seulement) accueillir nos obstacles avec : 1) énergie ; 2) persévérance ; 3) un processus cohérent et réfléchi ; 4) itération et résilience ; 5) pragmatisme ; 6) une vision stratégique ; 7) créativité et jugeote ; et 8) une attention pour saisir l’opportunité et le moment charnière.

Qu’est-ce qu’on entend par « volonté» ? Il s’agit de notre pouvoir interne qui n’est jamais affecté par le monde extérieur. C’est notre ultime atout. Si l’action est ce que nous faisons lorsque nous contrôlons encore un peu la situation, la volonté est ce dont nous dépendons lorsque nous ne maîtrisons plus rien. Lorsque nous nous retrouvons dans une situation qui semble immuable et indéniablement négative, nous pouvons la transformer en une expérience pédagogique, une leçon d’humilité, une occasion de réconforter d’autres personnes. C’est ça, le pouvoir de la volonté. Mais encore faut-il savoir la cultiver. Nous devons nous préparer à l’adversité, aux bouleversements, nous devons apprendre l’art du consentement et pratiquer l’entrain même aux moments les plus difficiles. Trop souvent, les gens pensent que la volonté est l’intensité à laquelle nous souhaitons quelque chose. En réalité, la volonté est plus une question de renonciation que de force. Est-ce que « si Dieu le veut » tient la route face à « la volonté de vaincre » ou « à force de volonté » ? La véritable volonté est l’humilité discrète, la résilience, la souplesse. L’autre forme de volonté est une forme de faiblesse masquée par des fanfaronnades et l’ambition. Devinez laquelle résiste le mieux au plus difficile des obstacles ?

La lucidité et l’action ne suffisent pas toujours en politique ou dans la vie. Certains obstacles ne disparaissent pas d’un simple claquement de doigts ou par une solution innovante. Ce n’est pas toujours possible pour un seul homme d’éviter au monde un grand danger ou d’arrêter un conflit. Évidemment, nous essayons, parce que cela peut arriver. Mais nous devons nous préparer à ce que cela ne fonctionne pas. Nous devons être capables de trouver un intérêt supérieur à cette souffrance et le gérer avec fermeté et patience. La position de leader demande de la détermination, de la connaissance systémique et de l’énergie. Certains cas demandent parfois aux leaders de rassembler cette énergie déterminée pour tenir bon tout simplement, pour apporter une force supplémentaire dans des temps difficiles.

C’est la voie qui conduit à la dernière discipline : la volonté. Si la perception et l’action sont les disciplines de l’esprit et du corps, la volonté est la chose que nous contrôlons toujours entièrement. Alors que nous pouvons tenter de changer des perceptions néfastes et mettre 100 % de notre énergie au service de nos actes, ces tentatives peuvent être mises en échec ou inhibées. La volonté est différente, car elle nous appartient en propre. La volonté, c’est la force de l’âme et la sagesse, pas seulement devant un obstacle mais dans la vie et ses aléas. C’est la volonté qui nous donne la force ultime, la force d’endurer, de contextualiser, de tirer un sens des obstacles que nous ne pouvons pas surmonter. La volonté est un moyen de retourner l’ « in-retournable ».

De nos jours, la technologie moderne nous fait croire qu’on contrôle le monde extérieur. Nous sommes convaincus que nous pouvons désormais contrôler l’incontrôlable. C’est faux, évidemment. Il est hautement improbable que nous réussissions à nous débarrasser de tous les côtés désagréables et imprévisibles de la vie. L’histoire nous prouve à quel point le monde peut être aléatoire, vicieux et monstrueux. L’incompréhensible se produit sans arrêt. Dans la vie, certaines choses nous ouvrent les tripes comme un couteau. Quand ça arrive, au moment où on est exposés, le reste du monde aperçoit ce qui est au plus profond de nous. Qu’est-ce qu’on verra lorsque nous nous retrouverons ouvert en deux par le stress et la pression ? Du métal ? De l’air ? Des balivernes ? Des conneries ? Des stupidités ?

En tant que telle, la volonté est la troisième discipline essentielle. Nous pouvons réfléchir, agir et enfin nous adapter à un monde intrinsèquement imprévisible. La volonté est ce qui nous y prépare, qui nous protège et nous permet de prospérer et d’être heureux malgré tout. C’est aussi la plus difficile de toutes les disciplines. C’est elle qui nous permet de résister alors que les autres se lassent et s’éparpillent. C’est de son fait si nous sommes confiants, sereins, prêts à nous mettre au travail quelles que soient les conditions, à nous transformer. Nous sommes volontaires et capables de poursuivre, même pendant l’impensable, même quand nos pires cauchemars se concrétisent.

C’est bien plus facile de maîtriser nos perceptions et émotions que d’abandonner le désir de vouloir contrôler les gens et les événements. C’est aussi plus facile de persévérer dans l’effort et l’action que d’endurer l’inconfort ou la douleur. C’est plus facile de réfléchir et d’agir que de faire preuve de sagesse. Ces leçons qu’on apprend avec difficulté sont, en fin de compte, essentielles pour prendre l’avantage sur tout obstacle ou adversaire. Dans toutes les situations, nous pouvons : 1) toujours nous préparer à pire ; 2) toujours accepter ce qu’on n’a pas pu changer ; 3) toujours gérer nos attentes ; 4) toujours persévérer ; 5) toujours apprendre à aimer notre destin et ce qui nous arrive ; 6) toujours nous protéger (se replier sur soi) ; 7 toujours nous soumettre à une cause plus grande ; et 8) toujours nous rappeler notre propre mortalité. Et, évidemment, nous préparer à recommencer le cycle une nouvelle fois.

Poursuivre l’inatteignable, c’est rendre impossible le réalisable

Pour apporter un éclairage sur la situation déplorable du pays dans tous les domaines, nous allons aborder la problématique de l’Algérie de manière scientifique. Il faut faire ressortir les causes profondes de la régression continue du pays sur tous les plans de la vie.

Il ne faut pas confondre improvisation et planification, il ya une absence totale du « sens existentiel » dans la planification stratégique de la gouvernance des organisations algériennes. Tout ce qui a été entrepris depuis l’indépendance du pays a résulté en échec en termes de capacités compétitives et de développement humain. Nous mettons au défi les lecteurs de cet article de décrire un seul projet réussis depuis l’indépendance du pays. Il faut s’entendre sur ce que veut dire effectivement un « projet réussi. » Un projet réussi est en amélioration continue en tout temps. Sur la base de cette définition, quel est le projet réussi en Algérie depuis 60 ans d’indépendance?

Le pays est en régression continue car la cause profonde, ou autrement dit la contrainte principale du système de gouvernance des organisations algériennes, réside au niveau du leadership stratégique des institutions et des entreprises algériennes. Ce leadership n’a pas les compétences morales et compétitives pour donner un « sens existentiel » aux institutions et aux entreprises. Ce « sens existentiel » constitue au fait la force motrice à travers laquelle sera assuré un remodelage du management, des tâches des travailleurs et les comportements des citoyens.

Cette force morale représente les fondements sur lesquels se basera la construction des entreprises et des institutions, donc d’un pays, à travers une nouvelle organisation qui répondra aux changements rapides du contexte économique, technologique et socioculturel. Le leadership stratégique de notre monde contemporain de l’âge de l’information et de la connaissance émergente d’aujourd’hui devrait posséder des compétences spécialisées en leadership transformationnel, ce qui permettra à une nouvelle espèce de dirigeants de créer un avantage concurrentiel qui se matérialisera par un véritable développement économique dont les pré-requis sont le développement du capital humain et le développement du capital social (la cohésion sociale dans sa diversité).

Sans pensée systémique accompagnée de ses outils de réflexion du processus de la planification stratégique, les dirigeants ou les gens avec les meilleures intentions rendent la compétitivité et le développement humain pire. En effet, la question que tout le monde se pose est la suivante : Quelle est la raison fondamentale qui fait que l’Algérie n’a plus sa juste place dans le monde ? Pour y répondre nous reprendrons une citation de Robert Arvey : « Tant que nous poursuivons l’inatteignable, nous rendons impossible le réalisable ».

Pourquoi les changements désirés semblent inatteignables et conduisent souvent à la frustration et au désenchantement ? L’une des principales raisons pour lesquelles le pays est en régression continue est que les gouvernants les organisations algériennes formulent les objectifs de changement de manière inefficace. Des objectifs bien formulés sont une clé importante pour l’avènement d’une « véritable nouvelle Algérie » intelligente et compétente. Reproduire les pratiques du passé et espérer des résultats contraires n’est que de la chimère, la folie. C’est juste une question de la nature du leadership des institutions du pays au plus haut niveau. Le leadership stratégique n’a pas de force motrice – au fait il ne sait pas comment la créer et la définir – qui lui permettra une gestion intégrée des ressources pour une production de richesse, dans tous les domaines de la vie, maintenant et durablement.

Les objectifs de changement efficaces sont réalisables, les objectifs de changement inefficaces ne le sont pas. La formulation d’objectifs de changement peut faire obstacle à un changement efficace de trois manières. En premier lieu, les objectifs de changement sont souvent formulés négativement, c’est-à-dire qu’ils sont formulés en termes de ce que l’on ne veut pas au lieu de ce que l’on veut. En second lieu, les objectifs sont formulés en des termes tellement abstraits ou vagues qu’il est impossible de déterminer si et quand l’objectif est atteint et si des progrès dans la direction de l’objectif sont réalisés. En troisième lieu, le but et les moyens sont souvent confondus, c’est-à-dire que les gens concentrent souvent leur attention plus sur l’activité que sur l’effet recherché.

Par contre, les objectifs de changement formulés efficacement et réalisables sont formulés de trois manières : 1) ils doivent être axés sur les résultats, c’est-à-dire que l’attention est portée sur l’obtention des résultats souhaités ; 2) L’objectif est défini en termes positifs, c’est-à-dire que les gens savent maintenant comment ils veulent que les choses soient différentes ; et 3) L’objectif doit être défini en termes concrets, c’est-à-dire que les personnes peuvent déterminer clairement quand l’objectif (ou les progrès dans la direction de l’objectif) est atteint.

Pour beaucoup de gens, il est très difficile de définir immédiatement des objectifs de manière à ce qu’ils soient réalisables. C’est pourquoi il est important de rendre les formulations d’objectifs plus efficaces étape par étape. Poser des questions peut être très utile à cet égard. Il faut poser des questions pour rendre ses objectifs plus positifs, plus concrets et plus axés sur les résultats.

Le fait que la plupart des gens formulent initialement leurs objectifs en termes négatifs, axés sur l’approche et abstraits n’est pas en soi si problématique. La formulation d’objectifs négatifs implique la reconnaissance des problèmes, la formulation d’objectifs axée sur l’approche montre la préparation au changement, et la formulation d’objectifs abstraite montre au moins un début d’une vision sur la façon dont ils veulent que les choses soient différentes. Mais pour changer avec succès, il est nécessaire de transformer des formulations d’objectifs négatives, abstraites et axées sur l’approche en objectifs positifs, concrets et axés sur les résultats.

La formulation d’objectifs réalisables ne doit généralement pas être achevée en quelques minutes. Très souvent, il sera utile de continuer à réfléchir à ce que nous voulons précisément atteindre. Cela nous donne la possibilité de réagir à d’éventuels changements de circonstances et d’ajuster nos objectifs si nécessaire. De plus, cela peut avoir un effet très motivant de continuer à visualiser comment nous voulons que les choses soient. Mais, le pré requis aux formulations d’objectifs réalisable est l’existence d’une « force motrice », c’est-à-dire une vision forte épanouissante qui inclus tous les domaines d’un état fort moralement et doux socialement.

Sans une « force motrice » le leadership stratégique des institutions du pays, en faisant de leur mieux, ne font que tourner en rond en apportant des changements dans le système sans remettre en cause l’existence de ce même système. Le leadership des institutions algériennes est un « leadership de type transactionnel » et non pas un « leadership de type transformationnel ». Ce leadership transactionnel, qui n’a pas su transformer son type de leadership a mis les instituions et les entreprises algériennes dans un cercle vicieux. Plus les gouvernants accentuent leurs efforts pour améliorer la situation plus ils s’enfoncent et accentuent le recul des organisations algériennes en regard des moyens mis en place. Dans le fait, après l’indépendance de l’Algérie il n’ya pas eu un véritable leadership transformationnel qui servira de modèle pour un développement continue des algériens et de l’Algérie.

En effet, étant donné que les entreprises est les institutions sont gérées selon des politiques de décisions désuètes, elles ne cessent de perdre en compétitivité, cela fait en sorte que l’encadrement stratégique est toujours sous pression et les projets sont naturellement improvisés. Cette improvisation – qui les maintient dans un rôle de pompier –  les empêche d’apprendre de nouvelles règles d’engagement pour de nouvelles politiques de décision, ce qui fait qu’ils sont bel et bien dans un cercle vicieux. Ce qui est ironique et triste en même temps est qu’aussitôt qu’ils sont désignés à un titre d’une responsabilité, je ne sais par quel sacro saint miracle tout le savoir et les connaissances relatives à assumer leurs responsabilités dignement et honorablement leurs rentrent dans la tête.

Il est de l’ordre de l’impossible d’espérer à l’avènement d’une « nouvelle Algérie » sans que les gouvernants du pays ne se transforment pas eux-mêmes en premier. Car, le changement personnel précède tout changement organisationnel. Il est presque proverbial de dire que le changement personnel doit précéder ou du moins accompagner le changement managérial et organisationnel (ma tghiar fi kawmak hata tghiar fi nafssak). Dans le cas contraire, la duplicité et le dédoublement de la pensée engendrent le cynisme et l’instabilité.

L’impératif pour les entreprises et les institutions est comme l’impératif de la vie qui est de croître ou de mourir, de s’agrandir ou de stagner. Lorsqu’on tente de changer un style de management ou d’organisation sans d’abord modifier ses propres habitudes, c’est aller contre les lois de la nature.  On ne peut pas courir avant de pouvoir marcher, ou marcher avant d’aller à quatre pattes. Et on ne peut pas non plus changer notre style de management avant de changer d’abord nos habitudes personnelles et notre pensée. Ainsi, la nécessité d’un changement majeur dans la pensée et la pratique chez les dirigeants et les cadres est essentielle à cette transformation. La plupart des entreprises ou des institutions algériennes et leurs chefs n’ont pas changé en fonction des tendances relatives à l’excellence opérationnelles avec une finalité de valeur ajoutée apporté au client final. Les dirigeants stratégiques des organisations algériennes n’ont pas du tout su changer pour passer du leadership transactionnel au leadership transformationnel.

Il est évident que les deux types de leadership sont nécessaires. Mais le leadership transformationnel doit précéder, puisque c’est lui qui fournit le cadre de référence, les contours stratégiques dans lesquels les transactions ont lieu. Sans une vision claire du type de transformation requis, les dirigeants et les gestionnaires auront tendance à fonctionner en termes d’agendas sociaux et politiques. Le but du leadership transformationnel est littéralement de transformer les individus, les institutions et les entreprises, d’en changer, et l’esprit, et le cœur, d’élargir leur vision, leur compréhension, de clarifier les objectifs, d’harmoniser les comportements avec les croyances, principes ou valeurs, et, enfin d’effectuer des changements qui sont permanents, qui se perpétuent et qui créent un mouvement en avant. L’histoire nous a montré qu’un seul individu peut être un catalyseur de changement, un « transformateur », dans n’importe quelle situation, dans n’importe quelle entreprise ou institution. Un tel individu est comme une pincée de levure qui peut faire lever un pain entier. Etre un leader transformateur exige de la connaissance systémique, une vision, de l’initiative, de la patience, du respect, de la persistance, du courage et de la foi.